Par Martin Bray, MBA, Pl. Fin.

Vice-président, gestionnaire de portefeuille

Gestion de patrimoine Desjardins

Rester en contrôle et s'en tenir aux objectifs de son plan d'investissement sont les principes de base qui doivent guider tant les épargnants sérieux que les personnes à la retraite.

Peu importe la situation sur les marchés, fortes hausses, fluctuations momentanées ou baisses dramatiques, l'approche raisonnée que nous préconisons permet de mieux traverser les épreuves du temps.

Est-il possible de modifier ses retraits?

Pour les retraités qui ont accès à un service de gestion de portefeuille en détention directe, la situation est plus facile. Ils peuvent modifier la hauteur de leurs retraits avec très peu ou pas de conséquence.

Un rentier devrait toujours avoir à sa disposition l'équivalent de cinq années de besoins financiers prévus pour sa retraite. Par conséquent, la portion sécuritaire de son portefeuille doit être composée majoritairement d'obligations et d'une part de liquidités.

Lorsque survient une chute des marchés boursiers, c'est la part en actions de son portefeuille qui est affectée. Il demeure ainsi en bonne position pour attendre la reprise.

Grâce à la détention directe, un retraité peut effectuer des retraits à partir de ses liquidités ou de ses obligations qui ne seront pas affectées ou moins affectées par les baisses.

Par ailleurs, les revenus d'intérêts et de dividendes qui continuent d'être versés devraient équivaloir à la majeure partie de ses retraits.

Les retraités qui détiennent un portefeuille composé principalement de fonds communs équilibrés pourraient opter pour l'ouverture d'un portefeuille réservé aux retraits à court terme pour contrer cet effet.

Doit-on modifier sa répartition d'actifs?

En principe, on ne devrait pas avoir à modifier sa répartition d'actifs. Vendre des actions pour payer des dépenses courantes s'avère la pire des choses à faire en ce moment.

La situation actuelle se veut un puissant rappel de l'importance de la répartition de l'actif. Il faut s'appuyer sur une vision à long terme parce que tout ne va pas mal en même temps et que l'on ne peut pas toujours gagner sur tous les plans.

Lors des périodes plus agitées, il est crucial d'avoir en sa possession des obligations qui nous soutiennent, des actions qui génèrent en moyenne un rendement plus important et des placements alternatifs qui se comportent différemment des actions.

La part en action d'un portefeuille devrait se situer entre 30 % et 50 % au maximum, selon son niveau de tolérance au risque.

Les portefeuilles diversifiés offrent une meilleure protection tout en évitant d'avoir à liquider des actions quand les marchés chutent brusquement. Ils procurent également de meilleurs résultats sur une longue période.

Quels sont les impacts de la situation actuelle sur ma retraite?

Gardons en tête qu'une baisse des marchés n'est jamais permanente. Des corrections de 30 % ou de 40 % sont toujours désagréables à absorber, mais elles sont inévitables.

Avec l'aide de son conseiller financier, il faut en premier lieu se demander si le taux de rendement qui avait été utilisé dans la projection de retraite est encore réaliste. En particulier si l'on prévoit que les taux d'intérêt demeureront longtemps à un bas niveau.

Il faut aussi évaluer si la situation aura un impact sur ses autres sources de revenus et sur ses besoins à la retraite. Si tel était le cas, c'est à ce moment qu'il faudrait apporter des rectificatifs à son plan. Sinon, on s'en tient au plan comme prévu.

Quels sont ses besoins réels à la retraite ?

Une étude américaine démontre que la situation idéale pour un retraité est de retirer chaque année en moyenne 4 % de son capital. Ainsi, il pourra toujours subvenir à ses besoins.

La règle générale qui dit que l'on doit pouvoir compter sur 70 % de ses revenus annuels de travail lorsque sonnera l'heure de la retraite n'est pas absolue. Ce pourcentage est avant tout lié au mode de vie qui sera privilégié et à l'importance que l'on donnera à ses projets personnels.

Il faut aussi tenir compte de ses autres sources de revenus qui peuvent avoir une influence et modifier ce taux.

Certains peuvent par exemple posséder des immeubles à revenus ou occuper un emploi à temps partiel. D'autres pourraient songer à retarder quelque peu le moment de leur départ à la retraite ou à réévaluer leur niveau de dépenses.

En conclusion

Nous traversons une période hasardeuse, mais l'histoire nous enseigne que ce n'est pas la première ni certainement la dernière. Un bon plan d'investissement doit être établi en fonction du profil de l'investisseur et anticiper la plupart des éventualités. Il faut toujours garder espoir, car le génie humain repose sur sa créativité pour affronter les défis et sur sa résilience devant les coups du destin.

Mise en garde

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