Transfert d'entreprise: 5 étapes faciles pour commencer

«Dans le feu de l'action, les entrepreneurs se consacrent au développement de nouveaux produits ou de marchés, mais ne pensent tout simplement pas à l'avenir.» Qu'est-ce qui les en empêche?

«Bien souvent, ils ne savent pas par où commencer», indique Vincent Lecorne, président-directeur général du Centre de transfert d'entreprise du Québec.

Voici un plan en 5 étapes pour entamer tranquillement, mais sûrement, la démarche.

1. Commencer le processus 10 ans à l'avance... minimum 

Vous avez entre 50 et 58 ans? Il est temps de fixer la date de votre départ, car le processus de transition s'échelonne sur une période d'environ 10 ans. 

Ce laps de temps permet d'ajuster le tir. M. Lecorne raconte le cas d'un homme d'affaires qui avait remis le flambeau à son fils. «Au bout de deux ans, il a compris que cela ne fonctionnait pas avec lui. Il a alors choisi sa fille qui était mieux préparée à prendre la relève.» 

2. Communiquer ses intentions 

Discuter de sa décision avec ses enfants, ses employés, ses clients et ses fournisseurs. Du même souffle, l'entrepreneur sonde ainsi leur intérêt et leur motivation à prendre les rênes. «Il ne faut surtout pas cacher la nouvelle à personne ni même à ses concurrents.» 

Une simple discussion peut mener loin. Un président d'une compagnie de camionnage dans Lanaudière a annoncé à son représentant commercial qu'il voulait prendre sa retraite. Flairant une bonne occasion, le vendeur a acheté l'entreprise! 

3. S'entourer des bons experts 

Pour réussir son projet de transfert, il faut s'entourer d'une équipe de professionnels, dont un comptable, un directeur de comptes, un avocat et un fiscaliste. Ces derniers aident à préparer un plan d'affaires réaliste. M. Lecorne recommande de prendre conseil auprès d'un cercle d'affaires. L'expérience des autres s'avère toujours profitable et permet d'éviter des erreurs de parcours. 

4. Déterminer la valeur de son entreprise 

Si le transfert est prévu dans 5, 10 ou 15 ans, le dirigeant doit évaluer le montant dont il aura besoin à sa retraite. «Si un chef d'entreprise est habitué à un niveau de vie de 100 000$ par année, il aura peut-être besoin d'un million pour les 20 prochaines années», illustre M. Lecorne. 

Avant son départ, il procède à l'évaluation de l'établissement qui comprend l'inventaire du matériel et des équipements. «Ce processus doit être fait avec un évaluateur provenant de l'extérieur de l'entreprise. C'est un peu le même procédé que lors de la vente d'une maison.» 

Cette étape montre la capacité d'organisation du dirigeant. Les chiffres sur papier rassurent les futurs acheteurs. 

5. Identifier la relève potentielle 

Peu à peu, l'identité du repreneur se profile. Qu'arrive-t-il si les héritiers n'ont pas la capacité ou l'intérêt pour les affaires? M. Lecorne suggère de céder l'entreprise aux employés. «Cette possibilité est souvent écartée en pensant : mes travailleurs gagnent seulement 12$ de l'heure. Ils ne pourront jamais mettre de côté la mise de fonds nécessaire à l'achat de la compagnie.» 

Il est toutefois témoin du contraire. «Si 10, 15 ou 20 employés prélèvent un montant sur leur paye, le projet peut devenir réalisable au bout de quelques années.» 

Le Centre de transfert d'entreprise du Québec offre de précieux conseils. «En Abitibi, notre intervention a permis d'éviter que des employés démissionnent et lancent une entreprise concurrente.»