Rareté de la main-d'œuvre : Boulangerie St-Donat relève le défi

Fondée il y a plus de 70 ans, dans la région de Lanaudière, l'entreprise fait face depuis longtemps au défi de recruter du personnel. Au fil des années, ses patrons ont su établir des stratégies efficaces pour attirer - et garder - des employés, même en période de forte croissance.

Marie-Ève St-Amour, présidente-directrice générale de la boulangerie, nous fait part de leurs meilleures pratiques.

Valoriser le milieu de vie

«Saint-Donat est le premier parc naturel habité, s'enorgueillit Marie-Ève St-Amour. Il y a deux beaux grands lacs et plusieurs autres plus petits, il y a deux stations de ski, plein de sentiers de randonnée, de raquettes, de ski de fond...» Au milieu de vie de la région s'ajoutent les bénéfices d'une culture d'entreprise familiale: «C'est une belle ambiance de travail, on a du plaisir. C'est aussi un horaire de travail de semaine, ce qui est assez rare dans une région de villégiature comme Saint-Donat», poursuit-elle.

Offrir une assurance collective... et des pâtisseries!

Si cette native de Saint-Donat veille à transmettre son amour de la région, elle souhaite aussi que les employés se sentent choyés afin qu'ils transmettent à leur tour leur amour de la pâtisserie dans les tartes, gâteaux et autres croustades. En plus de proposer un programme d'assurances collectives aux membres du personnel après seulement un mois de travail et de reconnaître leur ancienneté, l'entreprise fidélise ses employés en offrant à chacun deux tartes par semaine.

Concilier traditions et automatisation

Pour améliorer la productivité, la boulangerie a investi dans l'automatisation en veillant cependant à ce que cela n'influence pas la qualité des produits. M me St-Amour a choisi d'éliminer certains postes de travail répétitifs ou redondants sur lesquels les humains ont moins de valeur ajoutée. «J'aime croire que les gens pensent encore que les tartes sont fabriquées par des grands-mères qui roulent la pâte avec un rouleau à pâte sur leur table de cuisine. Mais, évidemment, quand on en fait 17 000 par jour, ça ne peut pas être juste des grands-mères», sourit la directrice.

Personnel d'agence

En raison de la demande croissante de la clientèle, l'entreprise a dû faire appel il y a deux ans à du personnel d'agence, dont certains employés résidaient à Montréal. Plusieurs employés salariés temporaires ont d'ailleurs été séduits par toutes ces stratégies de rétention du personnel : «Il y a des gens qui aimaient notre ambiance de travail, donc ils revenaient. On a eu une certaine stabilité d'emploi dans le personnel d'agence et ça nous a permis de passer à travers l'été et l'automne, qui est notre saison la plus forte.»

Former son personnel

Enfin, pour chaque embauche, permanente ou temporaire, l'entreprise veille à la bonne intégration du personnel. «Chaque fois qu'il y a une nouvelle personne qui rentre, qu'elle soit d'une d'agence ou employée, elle reçoit une formation sur les bonnes pratiques de fabrication», souligne M me St-Amour. Cet investissement est rentable à long terme et participe par le fait même à la cohésion d'équipe et à la culture de l'entreprise.