Les 7 Doigts de la main: relever le défi de financer la créativité

Le secteur culturel est réputé pour faire partie des industries dont le financement peut être difficile. Le collectif Les 7 Doigts de la main a toutefois réussi à tirer son épingle du jeu, grâce à une fine stratégie et à des risques calculés. Le directeur général de la compagnie, M. Nassib El-Husseini, explique comment il s'est entouré de partenaires clés.

Depuis la naissance du collectif en 2002, l'entreprise est restée fidèle à son institution financière. M. El-Husseini se rappelle que seulement Desjardins acceptait des «projets atypiques». La coopérative «était la seule qui escomptait des contrats dans la culture et dans les arts», présente-t-il.

Vendre avant de produire

Le défi principal dans ce secteur est en effet de vendre un projet avant même qu'il voie le jour. Ce défi de taille peut freiner l'élan, voire anéantir les chances de survie d'une compagnie artistique. Il est nécessaire de «réussir à trouver un marché et des diffuseurs qui acceptent de programmer l'œuvre avant qu'elle existe. Le défi est de taille!», détaille M. El-Husseini.

S'implanter à Montréal

Afin de renforcer sa crédibilité et de répondre à ses ambitions, le collectif Les 7 Doigts de la main a fait le choix d'avoir pignon sur rue. Il a investi dans des studios en plein cœur du centre-ville de Montréal. Le directeur général souligne toutefois que cet investissement n'aurait pas pu se concrétiser sans l'appui de son partenaire financier et des autorités publiques. «Plutôt que de nous dire "restez petits et ne prenez pas de risques", on nous a dit "on va relever le défi ensemble et aller plus loin"», explique-t-il.

Délicate équation

Ce pari n'est toutefois pas sans conséquence. En faisant le choix de s'installer dans 60 000 pieds carrés, dans le Quartier des spectacles de Montréal, l'entreprise a dû gérer la pression financière tout en ayant conscience du besoin lié à la possibilité de croissance nécessaire. «C'est une équation qui, en connaissance de cause, amène des obstacles et des défis immenses», de dire le gestionnaire.

Se déployer à l'étranger

Une des recettes du succès des 7 Doigts de la main réside peut-être dans le fait que l'entreprise a ses racines à Montréal tout en se déployant à l'étranger. Depuis sa création, elle exporte 90% de son travail à l'international. M. El-Husseini souligne que les contrats signés sont financés avant le départ des équipes, grâce à une entente avec Exportation et Développement Canada. Cela facilite le déploiement des équipes et la création. Cette stratégie permet la circulation des spectacles et multiplie les occasions d'attirer de nouveaux investisseurs. À titre d'exemple, le spectacle Traces présenté à Édimbourg et aux États-Unis a suscité la curiosité de Virgin Voyages qui a pressenti l'entreprise pour un partenariat d'ici 2020. Deux spectacles seront ainsi présentés sur le bateau de croisière qui prendra la mer en avril 2020.

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