Programme et concours AGIS: des jeunes mobilisés contre l'intimidation

«Au cégep, j'entendais plusieurs commentaires au sujet des LGBTQ. Et presque toutes les personnes de la communauté que j'ai rencontrées m'ont dit avoir été victimes de propos homophobes, transphobes ou biphobes ou en avoir entendu.» Voilà ce qui a mené Julien Guévremont à tenir le rôle principal d'une réalisation vidéo qui expose certaines réalités scolaires.

Cette production du collège Saint-Jean-Vianney est l'une des cinq capsules gagnantes du concours «AGIS contre l'intimidation», dont la première édition a connu un franc succès.

Partout au Québec, des jeunes de 12 à 18 ans ont participé à la rédaction d'un scénario traitant de l'intimidation vécue par les personnes des communautés LGBTQ+. De la vingtaine de scénarios reçus, cinq ont été sélectionnés par un jury.

Visionnez les cinq capsules gagnantes. - Lien externe au site. Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.

«Quand on parle d'intimidation, on se met souvent dans la position des adultes, alors qu'en réalité les jeunes sont les mieux placés pour connaître, vivre et communiquer le message», explique Pascal Vaillancourt, directeur général d'Interligne, jadis connu sous le nom de Gai écoute. «La force du programme et du concours, c'est le partage de réalités similaires, entre jeunes.»

AGIS : pour aller de l'avant

Le concours fait partie du programme Alliance genres, identités et sexualités (AGIS), qui propose de nombreux outils et un accompagnement visant à créer des espaces sécuritaires et inclusifs dans les écoles, les cégeps et les maisons de jeunes.

Celles et ceux qui souhaitent créer une AGIS dans leur école ou leur maison des jeunes peuvent simplement s'inscrire gratuitement. - Lien externe au site. Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. L'équipe d'Interligne se chargera de les accompagner dans leur démarche. Ils peuvent également télécharger gratuitement une trousse de départ - Lien externe au site. Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., qui contient : 

  • Un guide de démarrage (objectif, fonctionnement et création en 8 étapes)
  • Un recueil d'activités (conseils, collecte de fonds, organisation d'événements)
  • Un catalogue de formations en ligne (gestion de projet, leadership, techniques d'animation)

Pascal Vaillancourt souligne que les AGIS sont démarrées «pour et par les jeunes», dans le but de créer «des espaces où ils se sentent bien et n'ont pas à craindre d'être intimidés».

Aujourd'hui dans les écoles?

On pourrait croire que ces problèmes sont d'une autre époque, pourtant de nombreuses études révèlent que plusieurs étapes restent à franchir pour éliminer les biais, stéréotypes, réflexes ou comportements intimidants. Ainsi, L'enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire indiquait dans son édition de 2011 (la plus récente sur la question) que plus d'un tiers des élèves du secondaire avaient subi une forme d'intimidation durant leur scolarité : 

  • 42% des garçons ont été intimidés à l'école ou sur le chemin de l'école
  • 29% des filles ont vécu la même situation

Pascal Vaillancourt note que, même si les jeunes sont plus ouverts, plusieurs normes sociales perdurent, entre autres sur le plan du vocabulaire.

À ce chapitre, l'étude intitulée Chaque classe dans chaque école d'Egale, menée la même année, indiquait que : 

  • 64% des élèves LGBTQ et 61% des élèves ayant des parents LGBTQ ne se sentaient pas en sécurité à l'école.
  • 70% des élèves participants déclaraient entendre fréquemment des expressions comme «c'est tellement gai»
  • Presque 10% entendaient des commentaires homophobes de la part d'enseignants sur une base quotidienne ou hebdomadaire

Le directeur d'Interligne explique aussi que les jeunes ont besoin de modèles, notamment chez les enseignants. «Or, plusieurs profs, peut-être par crainte de représailles, hésitent à s'identifier comme gais ou lesbiennes, note Pascal Vaillancourt, d'ailleurs ex-enseignant. Pourtant, avoir des modèles auxquels ils peuvent s'identifier, pour des ados, c'est crucial », conclut-il.

Parmi les avantages directs, il cite : 

  • Amélioration des résultats scolaires
  • Diminution du risque de décrochage
  • Environnement plus harmonieux
  • Développement plus positif de l'identité
  • Relations plus significatives

Le programme AGIS est présenté par Desjardins, partenaire du service jeunesse d'Interligne. Julien Guévremont profite des bénéfices tangibles de cette initiative. «J'y ai trouvé du soutien, en plus de mieux comprendre la politique étudiante dans mon cégep. Aussi, comment débattre des besoins de la communauté LGBTQIA2+, démythifier certaines croyances auprès des étudiants ou encore planifier et gérer des activités et du financement. Nous avons aussi appris à déployer des campagnes publicitaires et à faire des demandes aux directions et départements infirmiers.»

Jadis connu sous le nom de Gai écoute, Interligne répond à plus de 26 000 appels par année - y compris par clavardage et texto. Desjardins poursuit ainsi sa mission de faire une différence dans sa communauté, s'engageant à l'égard de la diversité en valorisant l'inclusion et l'ouverture, au profit de la collectivité.

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