Le modèle coopératif : un monde à découvrir

Le secteur coopératif est une force incontournable du développement économique et social au pays. Son apport au PIB canadien est de 61,2 milliards de dollars annuellement, soit une hausse de 12% depuis 2010*. Cela représente 3,4% du PIB canadien. Mais, au-delà des chiffres, comment se porte le secteur coopératif chez nous ?

Francis Duperron, fondateur de la coopérative Productions 4 éléments, a parcouru le Québec à la rencontre de coopératives inspirantes en tant que réalisateur de la série Ensemble pour un monde coop. Il nous fait part de quelques observations.

Vous avez parcouru le Québec à la rencontre des coopératives. Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?

"La sérénité au sein des coopératives et l'engagement de la part des travailleurs. Les salariés se sentent intégrés et ils souhaitent être actifs dès le départ dans les fonctions qu'ils occupent. Par exemple, dans une coopérative d'architectes, qui est un milieu très réglementé, un étudiant qui vient de terminer son parcours scolaire aura plus de responsabilités que dans un grand cabinet. Il pourra développer ses compétences plus facilement dans des projets d'envergure, ce à quoi il n'aurait probablement pas accès dans une entreprise classique. Le fait de devenir membre d'une coopérative est aussi un choix que l'on fait parce que l'on souhaite améliorer la vie de la communauté. Il y a la notion de processus démocratique et de transparence; les chiffres sont publics."

Est-ce que ce modèle d'affaires fait face à certains défis ?

"Le principal défi est de faire connaître la nature même de ce qu'est une coopérative. Une coopérative, ce n'est pas une organisation à but non lucratif, mais bien une entreprise privée dont la propriété est collective et qui se doit d'être concurrentielle. On croit trop souvent à tort qu'une coopérative vend des produits ou services moins cher ou de moindre qualité. La distinction repose sur le fait que les décisions sont fondées sur l'amélioration des conditions de travail, le bien-être et la sécurité des employés et la volonté de redistribuer les profits aux membres. Une coopérative ne peut pas être vendue à des investisseurs étrangers; à long terme, la vision est donc différente de celle du profit à tout prix."

L'avenir des coopératives au Québec est-il radieux ?

"Il y a une mobilisation autour de ce modèle d'affaires; je crois que l'on est au début de quelque chose! Des fonds gouvernementaux ont été débloqués pour la conversion de firmes privées en entreprises collectives et le modèle d'affaires coopératif est désormais enseigné dans plusieurs programmes universitaires au Québec. Les salariés souhaitent participer de plus en plus; ils veulent se choisir, eux, avant l'argent. Alors que la plupart des entreprises traditionnelles sont orientées vers le profit, le modèle coopératif vise la pérennité."

* Selon l'enquête de Coopératives et mutuelles Canada de 2015.

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