Comment gérer ses finances en couple

Il n'y a pas une façon de faire, il y a votre façon de faire. Pour vous inspirer, des couples ont accepté de faire part de leurs méthodes «testées et approuvées» dans la vraie vie.

L’argent et l’amour peuvent-ils faire bon ménage? Oui, si l’on se fie aux conversations que nous avons eu le privilège d’avoir à propos de cette épineuse question avec Marie-Ève Lévesque et le duo composé de Sophie Montminy et Dino Masson.

Mon salaire est plus gros que le tien

Pour plusieurs couples, c’est l’écart entre les salaires qui est difficile à concilier. « Au début, il y avait de la tension parce que c’est mon conjoint qui fait un plus gros salaire et il voulait qu’on paie 50-50 », explique Marie-Ève, travailleuse autonome, qui partage sa vie avec un technicien salarié à 100 %. « Mais ce n’était pas possible pour moi de suivre son rythme de vie. »

Le couple a décidé d’opter pour une solution convenant à leur situation : certaines dépenses sont divisées au prorata, alors que d’autres sont assumées par celui qui a le revenu le plus élevé. « Pour les dépenses importantes, comme la maison, et les frais pour les enfants, comme la garderie, c’est dans le compte conjoint - auquel on contribue tous les deux selon notre capacité, explique Marie-Ève. Et c’est lui qui paie le compte d’Hydro et l’épicerie, par exemple. »

De leur côté, Sophie, travailleuse autonome, et Dino, propriétaire d’un gym, partagent les dépenses selon leur situation changeante. « Au début, on était égaux, chacun avait son salaire, indique Sophie. Quand Dino a démarré son entreprise, il y a six ans, ça prenait une solidité financière. J’étais celle qui était la plus solide. Maintenant, c’est Dino qui assume la plus grande part des dépenses. »

Pour le couple d’entrepreneurs, c’est de la tolérance au risque (lequel est plus élevé pour lui que pour elle) qu’il a fallu discuter.

L’importance de la communication

Un point en commun entre ces 2 couples? Une communication franche, ouverte et sans tabou. « On a toujours parlé de ça. On a ouvert nos livres. On connaît nos budgets au dollar près. On utilisait des applications au début, mais là ce sont de simples fichiers Excel », explique Sophie.

Et c’est très important, considérant par exemple que Sophie a laissé derrière elle un emploi bien rémunéré avec rente de retraite et avantages. Pour se lancer comme ça, il faut avoir un bon dialogue et s’assurer que l’autre peut et veut soutenir.

Voici quelques conseils pour entamer la conversation dans votre couple :

  1. En discuter, idéalement au début de la relation. C’est un sujet souvent tabou, mais c’est plus simple quand tout va bien.
  2. Décider comment seront gérées les finances personnelles : seul, en couple ou moitié-moitié.
  3. Établir un budget : qui paie quoi, savoir où va l’argent. Soyez équitables. Il faut bien répartir les dépenses courantes et l’épargne ou l’acquisition d’un bien (voiture, maison).
  4. Pour les projets communs, il faut planifier ensemble (fonds d’urgence, voyages, enfants, retraite, succession). Certains choix ont des répercussions sur la sécurité financière du couple.
  5. Soyez honnête. Ne cachez pas au conjoint votre situation financière… ça va finir par sortir!

N’oubliez pas : l’état civil a des répercussions sur le partage des avoirs. Les couples mariés ont droit au partage du patrimoine, ce qui n’est pas le cas pour les conjoints de fait*.

Quatre pièges à éviter au sujet de l’argent dans le couple :

  • Ne pas en parler
  • Utiliser un modèle «j’épargne» et «tu paies les dépenses»
  • Négliger les documents légaux (convention d’union ou testament) qui éviteront des désagréments en cas de séparation ou de décès
  • Penser qu’on a trop de dépenses pour se permettre d’épargner

Cinq sujets qu’il faut idéalement réfléchir à deux :
  • Testament
  • Assurances vie et invalidité
  • Mandat de protection
  • Études des enfants
  • Projets de famille (voyages, chalet, retraite, etc.)

Marie-Ève y va d’un précieux conseil pour éviter les heurts : « Essayez d’en faire un sujet qui n’est pas tabou. Il faut savoir mettre de l’eau dans son vin, que personne ne se sente brimé. Il n’y a pas de recette gagnante. Les solutions ne seront pas les mêmes pour une personne dépensière et une autre plus conservatrice avec son argent. »

En résumé :

3 types de budgets de couple

Moitié-moitié

Les dépenses communes sont assumées en parts égales par les conjoints, peu importe le niveau de revenu de chacun. Le reste servira aux dépenses personnelles. C’est une façon de partager les dépenses de façon égale, mais peut-être pas toujours équitable. Le conjoint qui a le plus faible revenu sera désavantagé. Souvent utilisé par les nouveaux couples qui n’ont pas encore d’obligations communes importantes ou pas encore d’enfants.

Le prorata

Les dépenses communes sont assumées proportionnellement aux revenus des conjoints. Ainsi, si un conjoint gagne 60% du revenu familial, il assume 60 % des dépenses communes. Cela vise une distribution équitable des dépenses. Par contre, si l’écart de revenus entre conjoints est très grand, le budget ne sera pas totalement équitable.

Tout en commun

On met toutes les dépenses et tous les revenus en commun, souvent dans le même compte. Utilisé surtout par les couples qui ont des enfants ou qui sont en couple depuis quelques années. Pour ce type de budget, il faut avoir des priorités financières similaires et, bien sûr, se faire confiance.

Conseil : chaque conjoint devrait garder un compte personnel afin de conserver son autonomie financière. Les petites dépenses personnelles pourraient causer des désaccords… évitons les petites chicanes. Sans oublier que, si par malheur il arrive un décès, les comptes conjoints sont gelés pendant le règlement de la succession.

* Applicable au Québec et en Ontario. Au Canada, les lois sur les unions de fait pourraient différer selon la province.