Enjeux de liquidités : quelles actions prioriser?

La gestion des liquidités est l'enjeu majeur des entreprises en cette période de crise. Après avoir réduit vos coûts le plus possible et bénéficié des mesures gouvernementales, il vous faut aussi préparer la reprise.

En cette situation de crise sanitaire mondiale et de confinement généralisé, de nombreuses entreprises peinent à rester à flot. Selon leur secteur d’activité, certaines sont temporairement fermées, d’autres fonctionnent au ralenti. Elles doivent trouver des solutions pour gérer l’érosion de leurs liquidités. Robert Bastien, vice-président Services aux entreprises, donne des pistes de solutions.

Réduire les coûts au maximum

« Les entreprises les plus touchées par cette crise sont assurément celles qui ont dû fermer temporairement leurs portes, souligne Robert Bastien. Dans un premier temps, la priorité est de réduire les coûts au maximum pour limiter les pertes. Si ce n’est pas déjà fait, les entreprises doivent impérativement réduire au maximum leurs dépenses, notamment la masse salariale. » Si les frais liés à la main-d’œuvre sont pour la plupart suspendus en cas de fermeture temporaire, les entreprises exploitées en formule réduite ont accès, pour leur part, à des mesures gouvernementales pour financer les salaires.

« Les dépenses d’occupation devraient aussi être diminuées en négociant des reports ou des ententes de paiement de loyer, ajoute M. Bastien. Finalement, les entreprises devraient diminuer leurs frais financiers, en discutant avec leur institution financière pour profiter d’un moratoire. Cela leur permettra de se dégager une marge de manœuvre. Les institutions financières démontrent beaucoup de flexibilité dans les circonstances. »

Profiter des mesures d’aide

Les principaux soutiens financiers gouvernementaux mis en place dans l’urgence de la situation actuelle sont particulièrement aidants pour les entreprises. Vous devez vous en prévaloir sans tarder. Les PME dont la masse salariale en 2019 se situait entre 20 000 $ et 1 500 000 $ ont accès à une garantie de prêt sans intérêt de 40 000 $ accordée par le gouvernement fédéral pour leur permettre de rester à flot et d’absorber les dépenses pour un temps.

Comme il a été mentionné plus haut, vous pouvez également bénéficier d’une subvention salariale (jusqu’à 75 %) pour vous permettre de maintenir les emplois au sein de votre entreprise. Au moment où ces lignes sont écrites, nous apprenons que cette subvention devrait être disponible dès la fin d’avril.

Au provincial, un programme d’aide d’urgence offre aussi 150 M $ aux PME touchées par la COVID-19. L’enveloppe a été confiée au Fonds local d’investissement de chacune des MRC, qui a pour mission de soutenir les entreprises de son territoire. Les entrepreneurs devraient donc vérifier leur admissibilité dans leur région.

Rester à l’affût

Comme entrepreneurs, vous devez suivre l’actualité, les mises à jour quant aux mesures d’aide mises en place, et demeurer à l’affût de tout ce qui peut vous aider à passer à travers cette crise.

Des efforts considérables ont été faits et seront faits par les gouvernements pour soutenir les entreprises et conserver le tissu économique. Des organismes comme Investissement Québec, la Banque de développement du Canada (BDC), Exportation et Développement Canada (EDC) et les institutions financières proposent aussi d’aider les entreprises en tant que partenaires de relance, que ce soit par des facilités de crédit, des subventions ou autres. Les prochaines semaines verront assurément émerger davantage d’initiatives d’aide financière.

Rebondir, être créatif

Vous avez sans doute entamé une réflexion sur les options qui vous permettent d’être proactifs pendant cette période. Générer des revenus en temps de crise fait appel à l’ingéniosité des entrepreneurs et à leur capacité à rebondir.

Cette crise est peut-être une occasion d’affaires ou d’innovation dans la mesure où elle suscitera la créativité dans la recherche de nouvelles réponses à de nouveaux besoins. Plus que jamais, il est important de faire appel à votre réseau de contacts pour envisager des alliances et profiter de nouvelles occasions. Ouvrir vos horizons à de nouvelles applications de vos produits et services ou en instaurer de nouveaux avec vos installations et équipements actuels sont aussi des pistes à explorer.

Gestion des coûts d’exploitation

Pour les entreprises de services essentiels qui, elles, demeurent en activité, la gestion des coûts est aussi une importante préoccupation. « Le contexte de crise sanitaire leur impose des coûts supplémentaires pour se conformer aux obligations imposées par les autorités de la santé et assurer la sécurité des travailleurs et de la clientèle, rappelle M. Bastien. Gardien de sécurité, services d’entretien, installation de matériel de sécurité (vitrines de plexiglas aux caisses) et de signalisation sont autant de dépenses à prévoir pour la durée de la période de confinement. Là aussi, il faut donc gérer rigoureusement les coûts! »

L’enjeu d’approvisionnement est également au cœur des préoccupations. Il faut s’assurer d’être en mesure de répondre à la demande grandissante, dans un contexte particulièrement complexe et stressant. Robert Bastien précise que Desjardins dispose d’une offre de services internationaux qui appuie les entreprises pour trouver des solutions aux problèmes d’approvisionnement, notamment pour faire des affaires à l’étranger.

Préparer la relance

Gérer la situation actuelle vous occupe, mais il est tout aussi important de penser à la reprise des activités. Dans un contexte d’incertitude, le défi est de taille. « Les entrepreneurs doivent réussir à anticiper ce qui se passera dans leur secteur d’activité, estime le vice-président. Par exemple, dans le domaine de la construction et de la rénovation, on peut prévoir que les affaires repartiront à 100 milles à l’heure, étant donné les nombreux projets en cours qui ont dû être mis sur la glace. »

D’autres domaines, comme le tourisme, l’hôtellerie et restauration, auront à faire face à une relance plus lente. « Ces entreprises doivent établir un plan d’action, faire l’analyse de la situation le plus froidement possible, ajoute M. Bastien. Selon sa capacité financière, mais aussi selon les possibilités de réalignement des activités que peut prendre l’entreprise pour aborder son avenir autrement, d’importantes réflexions sont à prévoir. »

Des services spécialisés

Parmi les services qu’offrent certaines institutions financières, comme Desjardins, l’affacturage peut aider les entreprises de moyenne et grande taille à faire face à la gestion difficile des liquidités. Couramment utilisé en Europe, l’affacturage permet aux entreprises d’encaisser rapidement les comptes clients grâce à une entente à cet effet avec leur institution financière, qui assume alors le risque et la responsabilité. Un coût est évidemment lié à ce service.

Certaines entreprises se seront préalablement dotées de crédits sécurisés pour gérer d’éventuels enjeux de liquidités. Les plus grandes entreprises peuvent quant à elles obtenir de leur institution financière des engagements de crédit d’un ou deux ans, qui demeurent valides même en périodes de crise.

Le capital de risque en renfort

Desjardins Capital et d’autres joueurs d’équité sont là pour jouer un rôle auprès des entreprises qui ont subi un coup dur, mais qui démontrent un bon potentiel de relance. « Ces joueurs sont de précieux partenaires quand vient le temps de dégager des marges de manœuvre, souligne Robert Bastien. C’est souvent dans les moments de crise que les entrepreneurs réalisent l’importance d’entretenir de bonnes relations avec leurs partenaires financiers. Quand tout va bien, ils sont souvent moins enclins à se tourner vers les partenaires d’équité, mais ils ont pourtant tout avantage à le faire pour se prémunir contre les tempêtes. »

Être bien conseillé

Votre directeur de comptes est là pour vous aider à traverser cette difficile épreuve. Il vous aidera à faire le point et à déterminer les prochaines actions à entreprendre. Il est également à l’affût des initiatives gouvernementales et il assurera le lien pour vous permettre de vous prévaloir de plusieurs mesures d’aide et d’allègement. N’hésitez pas à le contacter, ou à joindre un conseiller au téléphone. Ils sont là pour vous.

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