Employeurs et employés : les défis du retour au travail

Le degré de motivation et de mobilisation des employés peut être ébranlé en cette période d'incertitude. C'est encore plus vrai pour celles et ceux qui vivent en peu de temps une cessation d'emploi, suivie d'une réembauche. Comment retisser les liens de confiance?

Service à la clientèle interne

« Même en temps de crise, les employés demeurent l’élément le plus important d’une organisation, rappelle Simon Prévost, vice-président Solutions employeurs chez Desjardins. Dans ce contexte, malgré la situation difficile et stressante, les gestionnaires doivent se mettre en mode service à la clientèle auprès de leurs employés, y compris ceux qui ont été mis à pied. »

Dans cette foulée, les employeurs ont tout intérêt à maintenir des liens avec eux, peu importe le moment de leur retour au travail. Cette relation implique donc de « s’intéresser sincèrement à ce qu’ils vivent et d’être véritablement transparents, en étant honnêtes et en communiquant les bonnes informations, au fil de leur évolution ».

S’enquérir de leur bien-être, de leur santé et de celle de leur famille devient une occasion d’humaniser la relation. Cette saine pratique de la bienveillance et de l’empathie sera mutuellement bénéfique au moment de gérer la délicate opération du retour. En effet, certains employés auront subi divers stress, que ce soit sur le plan familial, personnel ou financier.

Voici certains facteurs favorisant un retour positif :

  • Prenez le temps de réexpliquer les contextes de la mise à pied et de la réembauche
  • Communiquez aux employés leurs rôles, qu’ils aient ou non changé
  • Demandez leur avis sur la manière de réactiver leurs activités et celles de l’organisation
  • Présentez, si possible, les états financiers et les potentielles transformations organisationnelles
  • Pratiquez la transparence en matière d’enjeux, de défis et d’aspirations
  • Appliquez des stratégies d’attraction et de rétention : régimes d’épargne et d’assurance collective, régimes volontaires d’épargne-retraite, accès à la télémédecine, etc.

Propagation de la bienveillance

M. Prévost est d’avis qu’à divers degrés la plupart des organisations devront se réinventer. C’est une belle occasion pour les gestionnaires de mobiliser les troupes vers la prochaine aventure.

Il prévient que les employés auront aussi leur chemin à tracer : « Ils devront démontrer une certaine autonomie et une capacité à s’adapter à un marché qui, en peu de temps, aura peut-être changé de manière significative. »

Et même s’il s’agit d’une des réalités les plus éprouvantes pour un employeur, le congédiement d’un employé doit s’effectuer en appliquant le même souci de transparence et d’empathie : « C’est important de bien faire les choses. Ça fait partie du rôle social d’une organisation. »

Gérer le syndrome du survivant

Une part du défi des gestionnaires consiste à bien prioriser les tâches et les secteurs d’activité. La « culture de la flexibilité » est à préconiser, sans négliger une réalité souvent sous-estimée : la gestion du syndrome du survivant.

En effet, plusieurs personnes se demandent pourquoi, contrairement à d’autres collègues, elles demeurent en poste et comment elles seront perçues au moment du retour des personnes temporairement mises à pied. Les rassurer sera crucial.

Au moment de la réembauche

M. Prévost conseille aux gestionnaires de planifier le plus rapidement possible les solutions et les conditions de réembauche des employés, car, dans l’intervalle, certains pourraient avoir la tentation de postuler ailleurs. Certains secteurs, comme les services essentiels, pourraient profiter de la disponibilité de la main-d’œuvre. D’où l’importance de préserver le lien et la communication.

Et dans le contexte où les entreprises tentent de résoudre leur casse-tête opérationnel, « elles doivent prévenir les coûts de recrutement et de formation de nouvelles personnes. »

Options et programmes disponibles

Les gestionnaires doivent surveiller l’ensemble des options et des programmes offerts pour stimuler ce retour au travail. Les aides gouvernementales et les formations subventionnées sont autant d’incitatifs pour accélérer la reprise des activités sur de nouvelles bases et, peut-être, vers de nouveaux horizons.