Cook it : la recette de la solidarité

L'entreprise de prêt-à-cuisiner Cook it a vu ses ventes grimper en flèche, avec l'arrivée de la pandémie. Gérer une hyper croissance, tout en faisant face à une pénurie de main-d'œuvre, en plus de faire preuve de solidarité envers les entreprises québécoises, voilà le défi qu'a relevé l'énergique entrepreneure Judith Fetzer.

Une acquisition majeure juste avant la pandémie

Cofondé en 2014 par Judith Fetzer et son conjoint Patrick Chamberland, Cook it séduit illico les Québécois. Première entreprise canadienne à livrer des repas prêts-à-cuisiner, la PME triple son chiffre d’affaires dès sa deuxième année d’existence. Après cinq ans, l’usine de 11 000 pieds carrés située dans le quartier Saint-Michel à Montréal frôle la pleine capacité de production.

Solution? Mettre la main sur le compétiteur Miss Fresh, une transaction qui comprend entre autres de vastes installations, logées dans un bâtiment de 34 000 pieds carrés. « Déménagement, procédures modifiées, nouveaux collègues de travail… la fusion de deux groupes de 125 employés en une seule équipe de 250 personnes vient nécessairement avec son lot d’émotions. On a beau faire la même chose, on ne le fait pas de la même façon. Le mot qui résume cette période est “adaptation” », raconte la femme d’affaires, qui a vu instantanément doubler la taille de son entreprise avec cette importante acquisition, en décembre 2019.

Hyper croissance en pleine crise de la COVID-19

Après un début d’année 2020 plutôt intense, les dirigeants prévoyaient souffler un peu au mois de mars, avant de se lancer à l’assaut de nouveaux défis entrepreneuriaux.

« Comme tout le monde, la crise de la COVID-19 nous a pris par surprise. Mais, contrairement à plusieurs entreprises dont la survie était menacée, nos ventes ont grimpé en flèche durant le confinement. Non seulement les habitués de Cook it commandaient davantage, mais les nouveaux clients affluaient, passant de 100 à plus de 600 par jour! Pour ceux qui désirent bien manger sans mettre les pieds à l’épicerie, notre prêt-à-cuisiner, commandé en ligne, représente une solution agréable et sécuritaire », explique Judith Fetzer.

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Cuisiner… l’entraide!

Avant de cofonder son entreprise, Judith Fetzer a travaillé une dizaine d’années dans le domaine de la restauration et de l’hôtellerie. « Cette industrie a été frappée de plein fouet par la crise de la COVID-19, des gens se sont retrouvés du jour au lendemain dans une situation financière précaire. Voilà pourquoi, dès le début de la pandémie, mon ami Nicolas Duvernois de Pur vodka s’est associé à Cook it pour remettre 6 000 repas aux professionnels de la restauration qui traversent des moments particulièrement difficiles. »

La solidarité de la jeune entrepreneure envers ses pairs ne s’arrête pas là. « Nous sommes plus occupés que jamais en ces temps difficiles, alors pourquoi ne pas aider d’autres entreprises québécoises? Nous avons décidé de mettre en lumière les produits d’ici, en leur réservant une place de choix dans notre section garde-manger. En plus de donner un coup de main aux entrepreneurs d’ici, il s’agit d’une valeur ajoutée pour nos clients qui encouragent l’achat local », conclut Judith Fetzer, qui a fait partie de la cohorte 2017 du programme Adopt Inc. - Lien externe au site. Cet hyperlien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre., dont Desjardins est l’un des partenaires.

Pénurie de main-d’œuvre

Au même moment où ses ventes explosent ce printemps, l’entreprise doit faire face à une pénurie de main-d’œuvre. « Plusieurs employés ont dû quitter leur emploi, pour différentes raisons liées à la pandémie. Il nous fallait pourvoir les postes vacants, en plus d’embaucher massivement pour fournir à la demande sans cesse grandissante. Nous avons mis sur pieds une « escouade » composée de six recruteurs, qui engageaient jusqu’à 50 commis de production par jour. Jongler avec une hyper croissance et une pénurie de main-d’œuvre, tout en apprivoisant les nouvelles normes sanitaires en vigueur dans notre usine: notre printemps fut assez rock and roll! », explique celle qui supervise aujourd’hui 500 employés.

Conciliation télétravail-famille

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Ces dernières semaines, Judith Fetzer est passée maître dans l’art de concilier télétravail et brouhaha familial. « Comme mon conjoint Patrick est cofondateur de Cook It, il nous arrive d’être tous les deux en vidéoconférence avec le comité de direction, alors que les enfants jouent dans la maison. La vie d’entrepreneur est beaucoup moins séduisante que l’on pense, » dit Judith en riant.

Comment entrevoit-elle la reprise des activités dans un contexte encore fragile? « Nous poursuivons notre mission de simplifier la planification des repas, diminuer le gaspillage alimentaire et mettre en lumière les produits locaux. Petites primeurs : de nouveaux produits prêts-à-cuisiner seront bientôt offerts sur notre site Web. Et, dans un avenir rapproché, Cook it fera son entrée sur le marché ontarien », confie-t-elle fièrement.

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