Cultiver l'audace

C’est AgrÉcoles qui a remporté les honneurs dans la catégorie Jeunesse des coups de cœur du Fonds du Grand Mouvement. Nous avons voulu connaître les retombées qu’aura la contribution de 100 000 $ du Fonds du Grand Mouvement. Nous sommes donc allés à la rencontre (virtuelle) de quelques-unes des actrices de changement qui ont participé à la mise sur pied de ce projet exceptionnel.

Des racines communautaires

Maryse Côté est directrice à l’école Louis-de-France. Dès le départ, lorsqu’elle a eu l’idée d’implanter un programme agroalimentaire à son école, elle a pu compter sur l’appui du personnel de l’école, des parents et des enfants. « Toute la communauté a adhéré à ce projet-là », dit-elle, sourire aux lèvres. Au fil de notre entretien, Mme Côté nous dira à quel point elle est fière du projet et nous rappellera l’importance de la persévérance et l’entraide.

En effet, bâtir un programme agroalimentaire scolaire, ça ne se fait pas en vase clos. Ça prend beaucoup de gens qui se mobilisent. C’est le cas de Kessey-Vanessa Vaudrin, dont les enfants fréquentent l’école Louis-de-France. Visiblement allumée par le projet de son école de quartier, la mère, qui donne de son temps comme bénévole pour le projet, constate avec joie l’implication de ses enfants. Ils mettent en pratique les précieux apprentissages acquis en classe et dans les jardins de l’école. Ils ont des idées de grandeur pour le jardin à la maison, vont cueillir les légumes pour le souper et participent activement à l’élaboration des repas. Ils sont curieux de goûter les nouveaux aliments qu’ils font eux-mêmes pousser. Ils s’ouvrent sur le monde et développent un véritable « sentiment de responsabilité ».

Mme Vaudrin est heureuse de voir que le projet d’AgrÉcoles réussit aujourd’hui à rallier des gens de partout au Québec. Elle se dit impressionnée que des gens du domaine agricole - notamment du Saguenay - veuillent participer au projet mauricien. La contribution financière va permettre « d’avoir des gens d’expérience et le matériel pour mettre en branle cette belle éducation et cette belle philosophie-là. »

« Ce sont des apprentissages concrets qui peuvent être partagés… Ces enfants-là sont conscientisés aux saines habitudes de vie. Ils sont gagnants et toute la société est gagnante ».

- Maryse Côté, directrice de l’école Louis-de-France

Faire germer les idées

Gagner le vote du public, « c’est une source de motivation pour nous », lance pour sa part Julia Grenier, directrice générale d’AgrÉcoles. « C’est comme se faire dire “On croit en vous, on vous donne la chance de poursuivre…” ». La contribution financière arrivera à point pour le laboratoire d’innovation : « Ça nous ouvre la porte vers la phase 2 de notre projet », soit la phase de déploiement. L’organisme à but non lucratif, dont la mission est d’intégrer les pratiques agroalimentaires dans les écoles primaires, pourra donc concrétiser son rêve de faire rayonner le projet dans d’autres écoles. Ultimement, ils souhaitent « être présents dans toutes les régions administratives du Québec. »

Parlant de rayonnement, le fait de remporter le coup de cœur du public a donné une « visibilité incroyable » à AgrÉcoles, aux dires de sa directrice générale. L’organisme a été approché par des enseignants et des parents de partout au Québec. « On a reçu une quantité impressionnante de demandes d’information. On a pu bâtir une base de données de gens intéressés par le projet », s’étonne Mme Grenier.

Petit jardin deviendra grand

Si Julia Grenier et Maryse Côté sont si fières et motivées, c’est en grande partie grâce au soutien de la communauté. En effet, AgrÉcoles peut compter sur l’appui de parents et de nombreux bénévoles qui investissent temps et énergie, tout au long de l’année. Mme Côté évoque aussi le sentiment de fierté qui anime les enfants lorsqu’ils voient les résultats concrets de leurs efforts.

La directrice d’école insiste sur les valeurs qui émergent d’un projet comme celui-là. Elle parle du courage et de la patience qu’exige l’agriculture. « Du moment que la pousse commence à grandir, ça devient concret pour les enfants, ça vient chercher leur intérêt », fait-elle remarquer. Selon elle,les jeunes qui participent au projet ont maintenant un plus grand respect pour la nourriture. « Ils réalisent que les légumes, ça pousse pas à l’épicerie! ».

Un héritage durable

Mme Côté en est à sa dernière année comme directrice d’école. Elle a de quoi être fière de l’héritage qu’elle laisse derrière elle. C’est avec émotion qu’elle parle de transmission des savoirs : « Ce sont des apprentissages concrets qui peuvent être partagés… Ces enfants-là sont conscientisés aux saines habitudes de vie. Ils sont gagnants et toute la société est gagnante ».

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