Voir la vie en rose

Parmi les neuf projets sélectionnés dans le cadre des coups de cœur du Fonds du Grand Mouvement, c’est La Mouche Rose qui a remporté le plus grand nombre de votes du public dans la catégorie Développement durable. Quelle incidence la contribution de 100 000 $ aura-t-elle eue sur cette entreprise novatrice et la communauté qui l’a vue grandir? Pour le savoir, nous nous sommes entretenus avec les responsables du projet ainsi que des producteurs maraîchers qui profiteront, eux aussi, des retombées de cette contribution.

Un monde plus vert

D’abord, rappelons que le consortium PRISME et la compagnie de recherche Phytodata travaillent depuis plus de 15 ans à développer une solution écologique afin de lutter contre la mouche de l’oignon, un insecte qui fait des ravages dans les champs. Au fil de leurs recherches, ils en sont venus à créer la fameuse mouche rose, un insecte stérile n’ayant aucun impact dommageable sur l’environnement et la santé, et qui élimine presque complètement les dommages causés par les mouches.

Cette étonnante technique a donc permis aux agriculteurs de la région de cesser d’utiliser le pesticide chlorpyrifos. Hautement toxique, ce pesticide nuisait à la santé des travailleurs et à la vitalité des cours d’eau environnants. Heureusement, avec l’arrivée de la mouche stérile, les producteurs de la région en ont progressivement abandonné l’utilisation.

Après avoir développé la mouche stérile de l’oignon, les initiateurs du projet ont poussé leurs recherches afin de créer la mouche stérile du chou. La Mouche Rose prend maintenant son envol dans de plus en plus de régions au Québec.

Voler de ses propres ailes

Une chose est sûre, le Fonds du Grand Mouvement a apporté une notoriété et de la crédibilité au projet. « C’est motivant! On va pouvoir aller encore plus loin que ce qu’on avait prévu. C’est une bonne tape dans le dos. Ça confirme qu’on ne travaille pas pour rien », affirme Jocelyn Leclair, producteur et président de Phytodata, à l’origine de La Mouche Rose.

Ce prix s’accompagne d’une reconnaissance qui motive les troupes et les encourage à poursuivre leurs rêves. Des retombées concrètes pour tout le monde qui gravite autour du projet et qui en bénéficie. Pour Carl Dion, agronome, la visibilité acquise entraîne une meilleure réception des Fonds de recherche et du public en général. Il constate avec joie que les efforts de sa communauté sont reconnus.

Grâce aux votes du public, le projet La Mouche Rose pourra accroître son potentiel de développement. Anne-Marie Fortier, entomologiste, est heureuse de savoir que la contribution financière permettra la construction de nouvelles salles d’élevage. L’augmentation de la production de mouches stériles pourra donc bénéficier à un plus grand nombre de producteurs. Ce projet contribue de façon exemplaire à la vitalité de la Montérégie, mais il rayonne bien au-delà. En effet, un nombre grandissant de producteurs de différentes régions du Québec sollicitent l’expertise de l’organisme coup de cœur.

« Dans la région, tout le monde est fier, c’est un tour de force! »

- Guillaume Cloutier, producteur maraîcher

Une communauté mobilisée

Le sentiment de fierté qui habite les agriculteurs de la région est palpable. Guillaume Cloutier, producteur maraîcher chez Delfland et copropriétaire de l’entreprise, observe que dans le domaine agricole, la tendance marquée pour des solutions plus vertes répond à un besoin tangible de la population. Il estime que les recherches vont « de concert avec ce que les consommateurs veulent ».

Dans son cas, en plus d’offrir aux gens qui travaillent dans ses champs un environnement sans risque pour la santé, la technique de la mouche stérile a permis d’éradiquer les dommages causés par la mouche de l’oignon et celle du chou. Sur sa ferme, avant l’avènement de cette technique, ils étaient même sur le point d’abandonner la culture du radis chinois.

M. Cloutier est d’avis que la contribution financière donnera de l’élan aux recherches dans le secteur : « Dans la région, tout le monde est fier, c’est un tour de force! Un coup de pouce comme celui-là, ça accélère la vitesse à laquelle les recherches vont dans le domaine. Ça avance beaucoup plus vite ».

Même son de cloche du côté de son oncle Yvon Van Winden, qui dirige Delfland : « Cet argent-là, ça va aider la recherche, ça va évoluer beaucoup plus vite. » La ferme de M. Van Winden a été la première à adopter la mouche stérile du chou. Avec le temps, il a constaté que cette méthode n’avait que des avantages. « Au départ, les producteurs ne voulaient pas mettre plus d’argent, ils avaient des réticences. Aujourd’hui, ça nous coûte moins cher. » Le producteur se réjouit des bénéfices récoltés tant sur le plan de sa production que sur le temps gagné et la diminution du stress qui en résulte. Une réussite sur toute la ligne.

Aujourd’hui, la Mouche Rose récolte les fruits d’efforts déployés depuis de nombreuses années. En poursuivant son rêve, elle contribue à améliorer la vie des producteurs et des travailleurs maraîchers de partout au Québec et de l’environnement.

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