Salaire ou dividende : quel est le plus avantageux pour vous?

Vous êtes actionnaire et employé de votre société et vous vous demandez quelle est la meilleure stratégie pour retirer des liquidités de votre entreprise afin de satisfaire les besoins de votre famille?

À titre d’actionnaire, vos objectifs sont influencés par des événements de vie qui peuvent modifier la répartition annuelle entre le salaire et le dividende. Vous pouvez choisir de recevoir :

  • un salaire;
  • des dividendes;
  • un peu des deux : un salaire et des dividendes pour profiter des avantages de chacun.

En cours de vie active

Pourquoi privilégier le versement d’un dividende?

  1. Si vous avez des frais financiers que vous voulez déduire de votre revenu imposable au provincial, le dividende constitue un revenu de placement qui vous permettra de le faire.
  2. Si votre revenu imposable est plus élevé que le dernier palier d’imposition, soit d’un montant de 216 511 $ en 2021, et que vous souhaitez réduire votre facture d’impôt, il est conseillé de recevoir un dividende. Son taux d’imposition de 48,0 % ou 40,1 % (selon le type de dividende) est plus bas que celui du salaire (53,3 %).
  3. Si vos besoins de liquidités sont bas, vous pouvez encaisser un dividende et ainsi avoir peu d’impôt à payer. Par exemple, en 2021, vous n’aurez aucun impôt à payer sur un dividende non déterminé s’élevant jusqu’à 28 900 $ au fédéral et jusqu’à 19 800 $ au provincial, s’il s’agit de votre seul revenu imposable.

Pourquoi privilégier le versement d’un salaire?

  1. Si vous savez que le taux d’imposition auquel vous êtes soumis actuellement est supérieur au taux d’imposition prévu au moment de la retraite, recevoir un salaire vous permettrait de cotiser au REER et de retirer ces sommes à la retraite à un taux plus bas. Par exemple, si vous cotisez au REER et que votre taux d’imposition est de 50 %, et qu’au moment du retrait votre taux d’imposition sera de 37 %, cela représentera une économie d’impôt de 13 %.
  2. Si la société offre aux employés différents régimes collectifs (tels que l’assurance vie, l’assurance invalidité, un fonds de retraite), vous tirerez profit d’un salaire qui vous fera bénéficier de ces avantages.
  3. Une petite entreprise n’est pas toujours en mesure d’offrir de régimes collectifs à ses employés. Verser un salaire vous qualifie alors pour la rente d’invalidité du Régime de rentes du Québec (RRQ). Si vous n’êtes pas admissible aux régimes privés, la couverture dont vous pourriez bénéficier avec cette rente d’invalidité doit être considérée.
  4. Une société peut bénéficier d’un taux d’imposition réduit. Au fédéral, le taux d’imposition peut passer de 15 % à 9 % pour le premier 500 000 $ de revenus d’entreprise. Au Québec, le taux d’imposition peut passer de 11,5 % à 4 % (3,2 % à compter du 26 mars 2021) en fonction de l’atteinte de 5 500 heures rémunérées à l’ensemble de ses employés pour les mêmes revenus. Le versement d’un salaire peut faciliter l’imposition à ces taux réduits des sociétés.
  5. Si vous avez des enfants ou souhaitez en avoir, versez-vous un salaire. Vous pourrez ainsi tirer profit des prestations du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) lors d’une naissance ou d’une adoption. Le maximum des gains assurables est fixé à 83 500 $, en 2021. Les frais de garde d’enfants que vous payez chaque année sont considérés dans vos déclarations fiscales si vous recevez un salaire. Ce qui n’est pas le cas si vous recevez uniquement un dividende. Aux fins du calcul du revenu imposable, le dividende est majoré de 15 % ou de 38 %, selon le cas. Par conséquent, le dividende augmente le revenu qui sert au calcul de l’Allocation canadienne pour enfants (fédéral) et de l’Allocation famille (Québec). Un dividende peut donc diminuer vos prestations.

En prévision de la retraite

À titre d’actionnaire, vous avez deux possibilités pour planifier vos revenus de retraite.

  • Vous pouvez retirer les surplus de l’entreprise sous forme de salaire et de dividende afin d’investir dans un autre véhicule de placement.
  • Vous pouvez laisser les surplus s’accumuler à l’intérieur de la société et les retirer au moment de la retraite sous forme de dividende.

Si vous avez un profil d’investisseur plus audacieux, vous pourriez laisser la totalité des surplus dans la société. Au moment de la retraite, vous recevrez des dividendes généralement imposés à un taux inférieur à celui des retraits d’un REER. Advenant un problème financier au sein de votre société, vous n’aurez pas d’autre choix si vous ne détenez pas de placements à l’extérieur de celle-ci. De ce fait, la pension de la sécurité de la vieillesse (PSV) pourrait devenir votre seule source de revenus si vous n’avez jamais reçu de salaire.

Astuce pour vous créer un filet de sécurité

Versez-vous un salaire afin de recevoir la rente de la RRQ à la retraite (cotisation maximale en 2021 : salaire de 61 600 $). Vous pouvez aussi varier vos sources de revenus de retraite puisqu’un salaire vous permet de cotiser à votre REER.

Bon à savoir

Les sommes de la rente de la RRQ et du REER pourraient ne pas être accessibles aux créanciers si vous ou même votre société éprouvez des difficultés financières.

Au moment de retirer les sommes de votre REER, vous serez imposé. Cependant, vous pourrez fractionner l’imposition avec votre conjoint si vous avez 65 ans ou plus. Chacun pourra profiter du crédit de revenu de pension en plus de pouvoir jouir de taux d’imposition plus bas.

Étant donné que le dividende est majoré dans le calcul du revenu imposable, la perte possible de la PSV doit être intégrée à vos calculs de taux d’imposition à la retraite. D’ailleurs, le bénéficiaire devra en rembourser une partie en 2021, dès que son revenu dépassera 79 845 $. Il devra en rembourser la totalité si son revenu atteint 129 075 $.

Chaque année, nous vous recommandons de réévaluer votre stratégie de rémunération pour vous permettre de réduire votre facture fiscale.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec un professionnel.

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