Pour plus de femmes en entrepreneuriat -- et en gouvernance

Les femmes sont moins présentes que les hommes dans les conseils d’administration (C.A.) des entreprises. Pourtant, leur engagement au sein des conseils d’administration est un atout sur plusieurs plans. Et si c’était par une plus grande représentation féminine au sein de nos C. A. que passaient l’entrepreneuriat et la réussite au féminin?

Parmi les stratégies gagnantes recommandées aux entrepreneures, siéger au C. A. d’une petite et moyenne entreprise (PME) en est une de choix. Un mandat de gouvernance offre aux femmes une occasion privilégiée de transmettre leurs connaissances et leur expérience, d’élargir leur réseau professionnel et d’aiguiser leurs compétences. Pourtant, peu d’entre elles occupent de tels postes.

Sous-représentation des femmes en gouvernance

Une récente publication de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques révèle que 29,43 % des conseils d’administration de sociétés publiques sont composés de femmes1. « Bien que des données concernant précisément les conseils d’administration de PME du Québec ne soient pas disponibles publiquement, on estime que la représentation féminine y est inférieure à 30 % », confirme Isabelle Gagnon, directrice en gouvernance des PME chez Desjardins Capital.

Les bienfaits d’un C. A. diversifié

Dans une entreprise, c’est au sein du C. A. que sont tracées les grandes orientations d’avenir. « La diversité favorise des réflexions plus riches, qui prennent en considération davantage de points de vue et qui contribuent à de meilleures décisions », explique Isabelle Gagnon. À l’inverse, un environnement où l’âge, le genre, les origines culturelles et les expériences des administrateurs sont trop similaires peut créer un faux sentiment d’harmonie, ponctué d’angles morts.

La gouvernance pour développer les entrepreneures

L’entrepreneure et son entreprise sont intimement liées, et ce qui est bénéfique pour l’une l’est généralement pour l’autre. L’implication au sein d’un C. A. peut ainsi permettre de découvrir une nouvelle industrie, d’apprendre des autres administrateurs, de faire face à de nouveaux défis, d’exercer son influence, de redonner à la communauté et, enfin, d’établir des relations avec de précieux alliés. Mais il ne s’agit pas seulement de s’engager pour s’engager. « Il est important de bien choisir les mandats d’administratrice, de s’impliquer auprès d’entreprises qui nous intéressent, en lesquelles nous croyons », insiste Isabelle Gagnon.

Comment trouver un C. A.?

Contrairement aux offres d’emploi, les mandats d’administratrices ou d’administrateurs de PME sont rarement affichés. Ils font plutôt l’objet d’un bouche-à-oreille. Isabelle Gagnon recommande aux entrepreneures intéressées d’aviser leur réseau qu’elles souhaitent s’impliquer au sein d’un C. A. Autre suggestion : se faire connaître auprès d’investisseurs comme Desjardins Capital, qui accompagnent les entreprises pour mettre en place des conseils d’administration.

Les questions à se poser

Les mandats d’administratrices ou d’administrateurs de PME ne se limitent pas à la rencontre du C. A. : ils demandent un investissement en temps. Il faut d’abord s’assurer que le contexte y est favorable sur les plans personnel et professionnel, et qu’on est prête ou prêt à investir l’énergie nécessaire. Ensuite, il est prudent de prévoir une entrevue pour clarifier les attentes mutuelles et confirmer que la relation semble prometteuse. « Ce qu’on veut, indique Isabelle Gagnon, c’est que de part et d’autre, les gens se voient bien travailler ensemble. »

Desjardins appuie la présence des femmes en gouvernance

Pour favoriser le recrutement d’administratrices, Desjardins Capital a mis sur pied un programme de courte durée en gouvernance des PME. Une vingtaine de participantes de la première cohorte ont ainsi pu apprendre des notions en gouvernance, allant de la gestion des risques à la stratégie d’entreprise, pour aiguiser leurs compétences et mieux intégrer un C. A. « Notre approche n’est pas de trouver des femmes pour trouver des femmes, mais bien de dénicher les meilleures personnes pour intégrer des C. A. et d’élargir le bassin d’administratrices qui ont une expérience dans un contexte de PME », ajoute Isabelle Gagnon.

Poursuivre la lancée

La diversité occupe une place grandissante dans le monde des affaires, et de nombreuses organisations passent de la parole aux actes. Isabelle Gagnon se réjouit de ce mouvement collectif, mais elle rappelle qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire. « Il ne faut pas penser qu’une seule femme dans un C. A. de 5 personnes, c’est assez. On vise davantage entre 40 % et 60 % de diversification pour parler de parité », précise-t-elle.