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Innu-Science, une PME de classe mondiale


Daniel Couillard (ci-haut), président du groupe, est le principal responsable du développement des affaires internationales. Steve Teasdale (ci-bas) est dg d’Innu-Science Canada, vp aux opérations et vp aux affaires scientifiques.

Gilles Drouin | Journaliste

«Innu-Science est né dans une éprouvette. Sans recherche et développement, il n'y aurait pas eu d'entreprise», lance Steve Teasdale, cofondateur de cette entreprise de biotechnologie située à Sainte-Julie, en Montérégie.

C'est alors qu'ils sont tous deux étudiants en biologie moléculaire que Steve Teasdale et Daniel Couillard, l'autre cofondateur, ont l'idée de créer leur entreprise de biotechnologie. Il leur faudra attendre trois ans après la sortie de l'université, en 1992, pour fonder l'entreprise.

«Nous avions pas mal d'idées au début, raconte Daniel Couillard. Par exemple, nous avons pensé à concevoir des équipements ou encore à faire de la recherche dans le secteur pharmaceutique.» Une seule chose était claire: ce serait une entreprise de biotechnologie,Teasdale.jpg les deux possédant l'expertise scientifique et technique pour mener cette barque.

Après un petit détour par la cardiologie moléculaire, ils décident de se consacrer aux bactéries capables de dégrader les huiles et graisses afin de les utiliser dans le domaine du nettoyage. D'un point de vue commercial, ce domaine de recherche leur permettait d'arriver plus rapidement sur le marché avec des produits, en comparaison au secteur pharmaceutique qui nécessite de nombreuses années de recherche et énormément de fonds. «À l'époque, ajoute Daniel Couillard, cet aspect nous plaisait parce que nous avions vraiment le goût d'être en affaires et d'avoir des produits tangibles à vendre.»

Miser le développement technologique

«Nous sommes partis d'une idée et aujourd'hui nous avons plus de 50 produits, une usine et six filiales à l'étranger», résume Steve Teasdale. Tout chez Innu-Science, gravite autour de la recherche et du développement.  C'est ce qui nous permet d'exporter, souligne Daniel Couillard. Si nous avions voulu vendre un lave-vitre fait à base de chimie traditionnelle, nous ne serions même pas en Ontario, alors que le même produit à base biotechnologique se démarque sur les marchés étrangers.»

D'ailleurs, dès la troisième année d'activité, en 1995, les deux entrepreneurs ont pris l'avion. «Avec nos petites valises de produits, raconte Daniel Couillard, nous sommes d'abord allés dans les pays scandinaves en sachant que les qualités environnementales de notre produit seraient reconnues. Encore aujourd'hui, les Scandinaves sont parmi nos meilleurs partenaires. Ils font presque partie de la famille.»

«Sans développement technologique, il n'y aurait pas d'entreprise, soutient Steve Teasdale. Le cœur de l'entreprise a toujours été la recherche et le développement dans le but de mettre au point de nouveaux procédés biotechnologiques afin de fabriquer des produits de nettoyage.»

Innu-Science conçoit et fabrique plus de 50 produits pour le nettoyage, le dégraissage, la maintenance, la prévention et le contrôle des odeurs. Ses produits sont destinés au marché de l'hygiène professionnelle et ne sont donc pas accessibles aux consommateurs, un secteur dominé par des grandes multinationales. Innu-Science vend plutôt ses produits à des institutions, comme les commissions scolaires, les universités, les collèges et les hôpitaux, aux sociétés de transport en commun pour le nettoyage intérieur et extérieur des véhicules, à des entreprises qui transforment et préparent des aliments.

Répartir le budget de recherche

Bon an, mal an, la PME consacre 20 % de ses revenus à la recherche et au développement, en plus de profiter de crédits d'impôt. «Dans notre planification, explique Steve Teasdale, nous distinguons la recherche à court terme (2 à 3 ans) et la recherche à long terme.» La première peut donner un produit commercialisable tandis que la seconde est axée davantage sur la mise au point de procédés qui pourront servir ultérieurement.

«Les orientations de recherche s'inspirent en bonne partie des besoins et des idées des clients, précise Steve Teasdale. Toutefois, ce ne sont pas les clients qui contrôlent notre programme de recherche.»

Mais, lorsque deux scientifiques lancent une entreprise, la recherche prend parfois toutes les directions... Une erreur de jeunesse que l'entreprise se permet maintenant très rarement. «Au cours des premières années, nous avions tendance à explorer beaucoup de pistes, mentionne Steve Teasdale, directeur général. Aujourd'hui, nous sommes concentrés sur notre créneau. Le défi est plutôt de bien répartir le budget entre la recherche à court terme et celle à long terme.»

Pour Daniel Couillard et Steve Teasdale, une PME de classe mondiale doit innover sans cesse et pouvoir compter sur une solide équipe. «Peu importe où se trouve notre client, précise Daniel Couillard, s'il a une question à poser, il trouvera une réponse chez nous.»

L'expert ne s'éparpille pas. «Nous sommes une petite entreprise, concède Steve Teasdale, mais avec des champs d'expertise bien développés et bien circonscrits dans le domaine de l'hygiène professionnelle avec des procédés biotechnologiques.»

Créer des liens solides et durables

La force d'Innu-Science tient également dans sa capacité à créer de solides liens avec ses partenaires et clients. «Daniel possède un don pour entrer en contact avec les gens et créer des liens durables, mentionne Steve Teasdale. Il inspire vite la confiance. C'est un atout sur les marchés internationaux.»

La qualité de la relation fait en sorte que les partenaires commerciaux sont tout aussi engagés envers Innu-Science que le sont ses propres employés. «Nous préconisons une approche très ouverte et très collaborative et il faut du temps pour bâtir une telle relation», explique Steve Teasdale. En fait, Innu-Science conclut uniquement des partenariats avec des clients et des distributeurs de longue date. Ces partenaires  deviennent ensuite autant d'antennes sur les marchés internationaux.

Que font les dirigeants d'Innu-Science pour attirer, motiver et retenir les employés ? «D'abord, nous engageons des gens intelligents et autonomes et, ensuite, nous ne les traitons pas comme des pantins, répond Daniel Couillard. Ils ont des capacités supérieures à la moyenne et nous leur permettons de les exprimer pleinement.» Chez Innu-Science, le personnel clé participe à la prise de décision au sein d'un comité de direction.

L'apport de chacun est reconnu et respecté, car Innu-Science recherche des spécialistes aussi bien en sciences, en marketing, en vente ou encore en lois et réglementation, une dimension omniprésente dans leur domaine. «C'est important d'avoir des gens de qualité qui sont capables de répondre à toutes les questions», mentionne Steve Teasdale.

«Nous avons eu l'audace d'engager des gens qui n'étaient pas dans le domaine de l'hygiène professionnelle, enchaîne Daniel Couillard. Ils arrivent avec un regard extérieur et neuf.» La contrepartie est une direction qui reste ouverte aux nouvelles idées. Innu-Science peut ainsi compter sur des gens qui veulent travailler en équipe et qui participeront au processus d'innovation dans toutes les sphères de l'entreprise.

S'intéresser à ses clients et partenaires

Prendre le temps de connaître le futur client ou le futur partenaire, telle pourrait être la devise des gens d'Innu-Science. «Quand vous participez à une mission économique ou encore que vous rencontrez des clients ou des partenaires potentiels, ne sortez pas tout de suite votre carnet de commandes, conseille Daniel Couillard. Mettez-vous à la place de l'autre : vous venez de loin, il ne vous connaît pas, vous êtes d'une culture différente et il y a plein d'escrocs qui se baladent partout...»

Daniel Couillard reçoit souvent des clients et des partenaires chez lui. «Ma maison est même aménagée pour ça, précise-t-il. Je les fais vivre dans mon milieu pour qu'ils me connaissent, moi et mes valeurs.»

«Nos partenaires dans les filiales étrangères ne sont pas des étrangers, ajoute Steve Teasdale. Nous les connaissions depuis longtemps avant de nous associer avec eux.»

La patience trouve sa récompense. «Quand les gens vous aiment, ils n'hésitent pas à vous présenter à leurs amis et à leurs autres partenaires d'affaires», dit Daniel Couillard. Il s'ensuit parfois une belle cascade. «Par exemple, mentionne Daniel Couillard, un partenaire allemand nous a présentés à un groupe suisse qui nous a conduits ensuite en France. Un associé marocain nous a mis en contact avec des Saoudiens et des gens du Qatar et de Dubaï. Toute relation amène à une autre relation, surtout lorsque vous créez de bons liens avec les gens.»


L'ENTREPRISE
Secteur d'activité :
biotechnologies des produits d'hygiène professionnelle
Année de fondation : 1992
Nombre d'employés : 45 au Québec et une vingtaine dans les six filiales à l'étranger
Chiffre d'affaires : plus de 15 millions
Mission : être le leader mondial de la biotechnologie appliquée au secteur de l'hygiène professionnelle
Localisation: Innu-Science est présente dans une vingtaine pays
La direction : Fondée par Daniel Couillard et Steve Teasdale, le groupe compte deux autres actionnaires : Mathieu Lavigne, vice-président Finances, et Yoland Denis, vice-président Ventes et marketing.

 

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