L'agriculture urbaine gagne du terrain


Les Urbainculteurs consacrent ainsi une partie de leur temps à sensibiliser et à informer le public lors d’événements, de journées portes ouvertes. Leur site Web est également une source de référence.

Madeleine Huberdeau

Bien sûr, il y a les champs où poussent à perte de vue des rangs bien alignés de choux, de patates, d'oignons et de maïs. Il y a aussi les toits, les balcons, les murs, les stationnements et les arrière-cours où pousse tout ce qu'on veut bien y semer. C'est ce que propose l'agriculture urbaine qui vise à transformer en potager les espaces urbains inutilisés.

La proposition a de quoi séduire. Qui n'a pas envie d'avoir à portée de main des légumes et des fruits frais cultivés sans produits chimiques ? Un hic peut-être : la méconnaissance du jardinage. Qu'à cela ne tienne, les Urbainculteurs sont là pour partager leur savoir avec ceux qui ressentent l'appel du potager.

Cultiver « hors sol »
« Notre grand projet de démonstration, précise Marie Eisenmann, cofondatrice des Urbainculteurs, c'est le potager que nous avons aménagé il y a quatre ans sur les toits de la Maison de Lauberivière, le plus grand centre d'accueil pour les démunis à Québec. La surface cultivée est de plus de 6 000 pieds carrés et elle fournit annuellement une tonne de légumes qui sont destinés aux cuisines de l'organisme. »

Mais les Urbainculteurs ne font pas que cultiver sur les toits. L'aménagement « comestible » de terrasses et de lieux publics est aussi dans leurs cordes. « Quand l'espace au sol est disponible, ajoute Mme Eisenmann, nous privilégions des platebandes à la fois florales et comestibles. » C'est le cas notamment de La Barberie, une microbrasserie implantée au cœur de Québec. Les géraniums ont fait place à des plants d'orge et de houblon, et les façades extérieures ont été décorées de pots de fines herbes. Aussi beau que bon !

Services clés en main ou autoapprentissage
En plus d'offrir des services d'aménagement et d'entretien clés en main, les Urbainculteurs distribuent conseils et produits aux jardiniers qui souhaitent cultiver sur leurs balcons, leurs terrasses, leurs murs extérieurs, dans leurs cours... « Nous sommes conscients des contraintes que vivent les citadins, remarque la cofondatrice de l'organisme. Nous facilitons donc leur apprentissage de l'agriculture en ville en fonction de l'espace dont ils disposent. »

Les Urbainculteurs consacrent ainsi une partie de leur temps à sensibiliser et à informer le public lors d'événements, de journées portes ouvertes. Leur site Web est également une source de référence qui permet entre autres l'achat en ligne des produits essentiels au jardinage : sacs de cultures, engrais, semences et systèmes d'irrigation.

« Quand on cultive chez soi, ne serait-ce que quelques légumes et fines herbes, on découvre ou on redécouvre le goût du frais, remarque Marie Eisenmann, sans compter le plaisir de pratiquer ce passe-temps. La culture en ville n'est d'ailleurs pas un phénomène nouveau. Au fil des ans, elle a connu différentes vagues de popularité, notamment durant la dernière grande guerre et les années 1970. C'est actuellement une tendance qui s'affirme dans de nombreuses villes, un petit pas, en quelque sorte vers l'autonomie alimentaire. »

L'ABC de l'urbainculteur
• De la terre
• Du compost
• De bonnes semences
• Des sacs en géotextile ou des bacs conçus pour la culture hors sol
• De l'eau

Le jardinage urbain comporte de nombreux avantages...

• La production d'aliments locaux
• La biodiversité des espèces cultivées
• La culture biologique, exempte de pesticides, d'OGM, d'irradiation...
• L'autonomie alimentaire des personnes
• L'éducation au jardinage
• La mise à profit d'espaces inutilisés
• Le verdissement et l'embellissement urbains
 
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