Avocat, comptable, fiscaliste: dans quelles situations peuvent-ils vous aider ?


Savoir s'entourer consiste aussi à faire appel au bon spécialiste, au bon moment.

Jean-François Binette | Journaliste

Vous avez déjà peut-être 1,2, voire 3 experts externes qui gravitent autour de votre entreprise. Mais savez-vous vraiment dans quelles situations ils peuvent vous aider ?

 « Ces professionnels voient à éviter que vous vous mettiez dans le pétrin. Si, par hasard, vous y êtes, ils vous proposent des avenues pour vous en sortir, sans égratignures », lance d'entrée de jeu Linda Bergeron, directrice principale, marché commercial au Centre financier aux entreprises Desjardins de la Vallée du Richelieu-Yamaska.

Critères pour choisir les experts qui vous accompagnent 

  • Connaissance de votre secteur d'activité
  • Spécialisation en lien avec votre besoin principal
  • Pouvez-vous obtenir des références dignes de confiance ?

Nouveau projet d'affaires

« Un bon comptable discute avec l'entrepreneur en le questionnant sur la provenance de ses prévisions », raconte Mme Bergeron. Ses informations doivent donc être basées sur des données factuelles reconnues, des statistiques crédibles et une recherche approfondie de l'environnement où il se positionne.

C'est un atout incontestable qui consolide le plan d'affaires et qui le rend crédible aux yeux des institutions financières. « Nous voulons garantir le succès de l'entrepreneur et limiter les surprises. Nous examinerons aussi ses données. Si le comptable les a déjà analysées, l'entrepreneur saura les justifier; son projet pourra plus facilement prendre son envol », ajoute-t-elle.

« Si le comptable a des clients dans le même secteur d'activité, sa connaissance du marché lui permet d'analyser les données sous un autre angle. Le chef d'entreprise devient encore plus solide dans sa démarche financière », fait valoir la directrice principale.

Si vous n'êtes pas seul dans votre projet d'affaires, il faut penser à un contrat de partenariat avec votre associé. L'avocat peut intervenir dans ce projet et déterminera avec vous ce qu'il arrivera, peu importe l'événement. « C'est le contrat de mariage d'une entreprise », résume Mme Bergeron. Quand le partage et l'apport de chacun des partenaires sont déterminés à l'avance, l'institution financière en tient compte et les entrepreneurs partent ainsi avec une longueur d'avance.

Créances

La loi prévoit certaines étapes et des procédures très précises en matière de recouvrement. Il serait dommage que vos droits soient restreints, par méconnaissance ou par un simple oubli d'une procédure. « Dans la construction, une hypothèque légale conforme pourrait vous assurer des garanties financières advenant le non-paiement. C'est l'avocat qui peut vous guider dans un tel dossier », illustre Linda Bergeron.

La mise sur pied d'une gestion rigoureuse et structurée facilite la gestion des comptes fournisseurs et peut prévenir les mauvaises créances. Cela limite les effets indirects qu'un retard pourrait avoir sur la santé financière de votre entreprise. L'expertise d'une équipe spécialisée en comptabilité vous fournira les règles de fonctionnement requises, en fonction de l'évolution de vos besoins d'affaires.

Transfert d'entreprise

Au moment d'évaluer la possibilité de transférer votre entreprise, le comptable pourra vous appuyer afin d'évaluer la juste valeur de l'entreprise et, au besoin, vous soutenir dans la négociation avec l'éventuel acheteur. « Un comptable-fiscaliste vous aidera à mesurer les retombées d'un transfert d'entreprise aux employés, aux membres de votre famille ou encore à des partenaires externes », résume Mme Bergeron.

 « L'optimisation de la valeur de l'entreprise pourrait être une avenue suggérée par le professionnel comptable que vous consulterez », ajoute Nancy Martin, planificatrice financière* spécialisée auprès de la clientèle des chefs d'entreprises à la Caisse Desjardins du Cœur de Bellechasse.

Comme un processus de transfert d'entreprise peut s'échelonner sur 3 à 5 ans, cette optimisation vise à poser des gestes qui auront pour but de pallier l'effet de stagnation de la croissance de l'entreprise.

Ce type de conséquence s'installe fréquemment lors d'un projet de transfert. Par exemple, la proposition de votre comptable de procéder à une acquisition stratégique ou encore de vous départir d'éléments d'actif non performants pourrait être une solution vous permettant de répondre éventuellement à tous vos engagements financiers.

Complémentaire au comptable, l'avocat est le professionnel par excellence pour procéder à la mise en œuvre juridique de la stratégie d'acquisition.

Les retombées financières de son apport seront importantes tant à court, à moyen qu'à long terme. Par la qualité de son travail, il pourra prévoir les subtilités permettant le transfert de l'entreprise et de toutes les responsabilités qui y sont associées.

Des professions bien encadrées

Le Barreau du Québec est l'ordre professionnel qui régit la profession d'avocat alors que depuis mai 2012, au Québec, la profession de comptable est maintenant régie par un seul ordre : l'Ordre des comptables professionnels agréés (CPA) du Québec.

* Planificateur financier et représentant en épargne collective pour Desjardins Cabinet de services financiers inc. 

Tous les articles

Commentaires publiés (2)

Gabrielle / 22 juin 2017 10h29
C'est décevant de ne pas y voir figurer d'informations sur le notaire, qui gravite également dans le droit des affaires avec une formation juridique (dans le domaine) semblable à celle des avocats... quel manque flagrant !

Partagez ce billet