5 mythes à propos de l'investissement socialement responsable


L'investissement socialement responsable est la prise en compte de considérations environnementales, sociales et de gouvernance dans le choix et la gestion des placements.

Mythe 1 : Investir en ISR demande de sacrifier du rendement
Réalité : L'investissement socialement responsable (ISR) arrive à concilier les objectifs de rendement et l'intérêt accordé à l'environnement ou aux questions sociales parce qu'il évalue à la fois le caractère responsable d'une entreprise et sa performance financière.

Tous les investisseurs souhaitent faire fructifier leur actif.  Cela est aussi vrai pour ceux qui choisissent des placements qui visent plus que le seul rendement financier.

Les crises environnementales, les scandales financiers, le travail des enfants dans les pays en voie de développement et bien d'autres problèmes éveillent la conscience sociale collective, et l'ISR est un moyen de confronter ces enjeux.

Mythe 2 : L'ISR est pour les idéalistes
Réalité : D'abord pratiquée pour des questions de principes et de valeurs, les premiers investisseurs socialement responsables ne voulaient pas encourager des régimes répressifs ou des activités non-conformes à une certaine hygiène de vie ou encore nuisibles pour les êtres humains.

De nos jours, les produits de placement sélectionnés par un investisseur doivent correspondre à son horizon de placement et à sa tolérance aux risques, mais ils peuvent également lui permettre d'intégrer le développement durable à la gestion de ses placements.
C'est ce que font de nombreux investisseurs institutionnels, comme certains fonds de pension, des fondations religieuses et des fonds de travailleurs.

Mythe 3 : L'ISR est juste du marketing
Réalité : En plus des critères d'évaluation utilisés dans l'investissement traditionnel, l'investissement socialement responsable intègre des critères extra-financiers dans la sélection et la gestion des placements et investissements boursiers.

Les critères extra-financiers, sont souvent appelés ESG :

  • E pour Environnement
  • S pour Social
  • G pour Gouvernance

Le portefeuille de placement est ainsi composé d'entreprises qui démontrent une volonté d'améliorer leurs pratiques environnementale, sociale et de gouvernance.

Mythe 4 : L'ISR est encore un marché peu développé
Réalité : Au contraire, le marché mondial de l'ISR représentait déjà 13,6 billion $US au 31 décembre 2011.

Ces données sont tirées du Global Sustainable Investment Review , un rapport publié aux 2 ans par la Global Sustainable Investment Alliance qui présente le portrait de l'investissement socialement responsable dans 7 grandes régions du monde :

1.       Europe
2.       États-Unis
3.       Canada
4.       Australie et la Nouvelle Zélande
5.       Asie (excluant le Japon)
6.       Japon
7.       Afrique

En 2006, les Nations-Unies ont lancé les « Principes pour l'investissement responsable (UNPRI) pour faciliter l'arrimage des pratiques entre les grands investisseurs.

En 2014, les UNPRI regroupent plus de 1 250 signataires ayant 45 billions US$ d'actifs sous gestion, provenant de 48 pays.

Mythe 5 : ISR est juste une mode
Réalité : C'est plutôt une tendance qui ne cesse de grandir depuis le 18e siècle ! À cette époque, les communautés religieuses voulaient éviter que leur épargne soit associée à des activités nuisibles pour l'être humain.

Plus tard, la guerre du Vietnam et l'Apartheid ont mobilisé l'attention des investisseurs américains.

Ensuite, les catastrophes comme le déversement de l'Exxon Valdez (1989) ont capté l'attention du monde entier et, particulièrement, celle des investisseurs. 

C'est au cours des années 1990 et 2000 que des investisseurs institutionnels (régimes de retraite, syndicats, communautés religieuses, etc.) ont adopté des politiques d'investissement socialement responsable. L'ISR est alors défini comme étant la « prise en compte de considérations environnementales, sociales et de gouvernance dans le choix et la gestion des placements »*.

Aujourd'hui, l'investissement socialement responsable est pratiqué par des milliers d'investisseurs institutionnels parmi les plus importants du monde et compte pour plus de 10 % de l'actif mondial. Au Canada, c'est environ 20 % de l'actif.

*Définition de l'Association canadienne pour l'investissement responsable

 

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Commentaires publiés (4)

Philippe CM / 25 novembre 2014 8h54
Merci Marie-Christine, vous avez raison. Je pense néanmoins que l'évolution de l'ISR fait qu'on pourrait actuellement aller plus loin, notamment avec des REEE placés dans des investissements "à rendement social" comme cela existe ailleurs (financement coopératif, associatif, OBNL, etc.). À qui me conseillerez-vous de transmettre cette suggestion?
Philippe CM / 23 novembre 2014 13h08
Pourquoi n'existe-t-il pas au Québec de produit socialement responsable véhiculé dans un REÉÉ?

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