La Barberie, fleuron de l'économie sociale et coopérative au Québec


La Barberie se démarque par sa grande valeur historique ainsi que par son équipe de membres et de travailleurs, qui sont de vrais passionnés.

Myriam Gagnon | Stagiaire | Mouvement Desjardins

L'été, au cœur du quartier Saint-Roch à Québec, une terrasse en particulier est toujours remplie : celle de la microbrasserie artisanale La Barberie.

Devenue très vite un joueur important de l'industrie brassicole du Québec, cette coopérative de travail a connu une croissance impressionnante grâce, entre autres, à la vision de ses fondateurs, qui voulaient l'exploiter selon un modèle différent, et à l'appui reçu de plusieurs partenaires, dont Desjardins

Des bases solides
De tout temps, La Barberie a misé sur le partenariat pour aller de l'avant. C'est d'ailleurs avec l'aide de plusieurs acteurs de développement, notamment la Caisse d'économie solidaire Desjardins, le programme Microcrédit Desjardins aux entreprises et le Fonds d'emprunt Québec, que la microbrasserie, fondée en 1995, ouvrait ses portes 2 ans plus tard.

« Ces acteurs nous ont aidés tant pour le financement que pour l'accompagnement. Ils ont été des partenaires très présents et compréhensifs, qui ont toujours su tenir compte de la présence des humains derrière le projet », soutient Jean-François Genest, directeur général de La Barberie.

Cet appui a permis à la coopérative de croître rapidement. Elle offre aujourd'hui plus d'une centaine de places intérieures et près de 240 places sur la fameuse terrasse (la plus belle en ville, dit-on !). De ses trois membres initiaux, la coopérative est passée à une quinzaine de membres, en plus d'une trentaine de travailleurs.

La Barberie se distingue par son impressionnante offre de produits. Elle brasse environ une soixantaine de variétés de bière chaque année, dont huit se trouvent en rotation au salon de dégustation adjacent à la brasserie. Depuis 2002, une dizaine de variétés sont quant à elles embouteillées et vendues chez plusieurs détaillants partout au Québec.

De plus, la microbrasserie produit souvent des variétés de bière en édition limitée, qui varient selon les saisons. Elle produit en outre des bières personnalisées qui sont brassées spécialement pour certains commerces : par exemple, on retrouve La Nôtre exclusivement dans les restaurants Chez Victor, tandis que La Blonde de Lévis se vend uniquement dans un dépanneur chanceux situé sur la rue Wolfe, à Lévis.

Donner au suivant
En tant que coopérative de travail, la microbrasserie est particulièrement préoccupée par le développement de l'économie sociale. « Nous suivons de près la situation des autres coopératives et des entreprises qui cherchent à percer autour de nous, et nous constatons que l'accès au financement et à l'appui adéquat demeure un défi pour certaines », explique Jean-François Genest. Pour leur donner un coup de pouce, La Barberie remet un pourcentage des recettes de la vente de l'une de ses bières vedettes, la Brasse-Camarade, au Fonds d'emprunt Québec.

La Barberie est membre de plusieurs autres coopératives, comme l'Agitée, un bar-coop qui a pour mission de participer au développement de la communauté dans une perspective de changement social. Elle est aussi membre de la coopérative La Mauve, qui offre des produits locaux et biologiques afin de favoriser un commerce équitable et durable.

La Barberie offre également son appui à l'organisme Les Urbainculteurs, qui promeut l'agriculture urbaine. Ce sont d'ailleurs eux qui aménagent la terrasse-jardin de la microbrasserie depuis 2009.

La vie coopérative, au centre de tout !

Jessica Provencher travaille à La Barberie depuis quatre ans. D'abord serveuse au salon de dégustation, elle est vite devenue responsable de la vie coopérative - un nouveau poste qui s'est créé seulement quelques mois après son arrivée dans l'entreprise. Un heureux hasard ? « La coopération n'est jamais un hasard ! », s'exclame-t-elle en riant.

Jessica est chargée principalement de l'éducation au modèle coopératif, tant auprès des membres et des travailleurs de la microbrasserie qu'auprès des organismes et des commerces du quartier. À l'externe, elle représente la coopérative et a pour mission de faire connaître à la fois ses produits et son modèle de travail.

Celle qui a une formation en travail social dit avoir été attirée par les valeurs de l'entreprise ainsi que par son côté social et communautaire. Selon elle, La Barberie se démarque par sa grande valeur historique ainsi que par son équipe de membres et de travailleurs, qui sont de vrais passionnés.

Dans cette industrie en pleine croissance, il peut être difficile de rester concurrentiel, mais la clé, selon elle, est de continuer d'innover. « Il faut rester audacieux ! », affirme la jeune femme. Il va sans dire qu'avec son côté social bien ancré et son offre de produits qui se renouvelle sans cesse, La Barberie s'y connaît en matière d'innovation !

Un sondage mené récemment par la microbrasserie auprès de ses clients confirme d'ailleurs que ceux-ci non seulement sont bien conscients de sa distinction coopérative, mais aussi qu'ils apprécient et encouragent cette distinction.

« Notre distinction coopérative nous rend très fiers et nous pousse à nous engager sans cesse davantage dans notre communauté, à créer encore plus d'emplois de qualité et à trouver de nouvelles façons d'exercer nos valeurs démocratiques », affirme avec passion le directeur général de la microbrasserie.

La Barberie a encore devant elle de grands projets... mais il est difficile d'en savoir plus pour l'instant : c'est d'abord l'équipe qui décidera collectivement de ce qui sera mis en œuvre en priorité !

Tous les articles

Commentaires publiés (3)

Martin Boisjoly / 16 octobre 2014 18h59
Bravo à toute l'équipe de la Barberie :-) Le concept innovateur et coopératif mis en pratique à cette "institution" rayonne de par son originalité et son économie sociale. ...Et en plus vos bières, raffinées, sont excellentes ;-) Martin
Simon Pouliot / 16 octobre 2014 12h21
Je suis des plus heureux de lire des articles comme celui-là. Merci Caisse Desjardins d'avoir cette info-lettre et de partager des projets comme celui-là; d'autant plus que je connais M. Genest. J'aurais possiblement un projet qui pourrait très bien se joindre à cette formule coopérative !

Partagez ce billet