L'épargne dans le couple: planifier et laisser place à l'amour


En couple, il faut prendre le temps d'avoir une bonne discussion,afin de clarifier vos objectifs d'épargne et votre vision commune.

Emmanuelle Bertrand | Journaliste

S'il y a un sujet délicat en couple, c'est sans doute celui de l'argent. En ce mois traditionnellement consacré à l'amour, pourquoi ne pas aborder la question de l'épargne, histoire de pouvoir ensuite profiter pleinement du bonheur d'être à deux ?

Voici 4 pièges à éviter, selon Angela Iermieri et Dominique Bigras*, respectivement planificatrice financière et avocate au Mouvement Desjardins.

Piège no 1 - Éviter d'en parler
L'épargne fait partie de ces sujets qui nous amènent parfois à faire l'autruche, mais son importance ne disparaît pas pour autant. Réservez un moment propice pour avoir une bonne discussion, afin de clarifier vos objectifs d'épargne et votre vision commune :
  • Quels sont les projets, les rêves que vous désirez réaliser ? Avoir des projets communs est le moteur de bien des couples. Fixez-vous des objectifs concrets et faites-vous accompagner d'un expert. 
  • Accordez-vous la même importance à l'épargne ou avez-vous une vision très différente? Misez sur vos points communs et déterminez des pistes de solutions là où ça accroche. Comme dans toutes les sphères du couple, la communication et la bonne volonté doivent être au rendez-vous.
  • Qui épargnera et pour quoi ? L'un d'entre vous a possiblement plus les moyens d'épargner. Peut-être pouvez-vous répartir les efforts en conséquence.
Plus vous aurez cette discussion tôt dans votre vie amoureuse, plus le sujet deviendra facile à aborder.

 
Piège no 2 - Confondre l'épargne individuelle et celle du couple
Les produits d'épargne sont conçus pour les individus, mais il est possible d'y contribuer à deux pour vos projets ou votre retraite. Avec l'aide de votre conseiller, choisissez votre formule en connaissance de cause. En voici quelques-unes :
  • Avoir un compte d'épargne conjoint : c'est bien, mais prévoyez également des comptes personnels. Lors d'un décès ou d'une inaptitude, le compte conjoint est bloqué parfois pendant plusieurs mois.
  • Cotiser au REER de votre conjoint : vous profiterez de la déduction d'impôt, mais soyez conscient que le montant investi appartiendra désormais à votre tendre moitié.
  • Épargner au prorata du salaire : lorsqu'un conjoint a un salaire plus élevé, certains couples s'entendent pour qu'il cotise davantage à l'épargne. Encore une fois, s'il épargne au nom de son conjoint ou de sa conjointe, il doit être conscient qu'il s'agit d'un don.
Chose certaine, Angela Iermieri et Dominique Bigras insistent sur le fait que chaque conjoint devrait voir son nom figurer sur au moins un produit d'épargne. Attention aux arrangements du genre : « tu épargnes et je paie les comptes ». Vous risquez de vous retrouver devant rien en cas de séparation.

Piège no 3 - Voir les documents légaux comme une dépense plutôt qu'un investissement
Votre état civil est un facteur déterminant pour savoir quelles sont les dispositions à prendre lorsque vous épargnez en couple.

Si vous n'êtes pas mariés (comme la majorité des couples québécois), rappelez-vous que les conjoints de fait ne sont pas soumis au patrimoine familial : il n'y a pas de partage de l'épargne en cas de séparation ou de décès.

Prévoyez une convention d'union de fait ou un testament avec un notaire. Les expertes conviennent que la tâche n'est pas des plus palpitantes, mais mieux vaut engager cette dépense à coût fixe aujourd'hui que de faire face à des frais d'avocats exponentiels en cas de conflit juridique.

Piège no 4 - Penser qu'on a trop de dépenses pour se permettre d'épargner
Si vous êtes un jeune couple dont les dépenses atteignent des sommets (maison, enfants), vous pensez peut-être que l'épargne n'est pas possible. Détrompez-vous : il n'est pas nécessaire d'épargner gros, mais bien d'en faire une habitude. Un investissement dans un REER procure une économie d'impôt, ce qui rend souvent une somme disponible pour vos autres projets. Sans oublier que le REER facilite l'accès à une première maison ou à un retour aux études.

Selon les besoins de chaque couple, autour de 10 % des revenus devrait être consacré à l'épargne. Ce barème vous donne une idée du montant idéal à prévoir. 

* Angela Iermieri est planificatrice financière et représentante en épargne collective pour Desjardins Cabinet de services financiers inc., et Dominique Bigras est gestionnaire fiduciaire chez Desjardins Gestion de patrimoine.

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