L'argent : source de bonheur ou de stress ?


Dans notre réflexion sur l'argent, Robert Béliveau suggère
d'abord de bien distinguer entre le besoin et le désir.

Gilles Drouin | Journaliste

Nous vivons tous, et depuis longtemps, dans un environnement social vraiment très axé sur la consommation. Les faibles taux d'intérêt catalysent cette tendance en nous incitant davantage à emprunter plutôt qu'à épargner.

Bien sûr, il y a des dettes nécessaires, de bonnes dettes qui, comme l'achat d'une résidence, nous permettent de créer de la richesse, d'accroître notre patrimoine financier. Bien sûr, une carte de crédit est utile quand on planifie son usage et que l'on règle le solde chaque mois. Mais vivre continuellement dans la marge de crédit apporte son lot de stress.

Docteur, comment se porte mon rapport à l'argent ? 
« Nous avons le choix entre maintenir une relation très tendue avec l'argent ou établir un rapport plus sain, dans lequel plus ne veut pas dire mieux », propose le docteur Robert Béliveau. Ce spécialiste de la gestion du stress, au moyen entre autres de la méditation, donne des conférences sur l'argent comme source de stress.

« Dans mes conférences, j'invite les gens à observer leurs perceptions de l'argent, à se demander ce qu'est l'argent pour eux. Je dis aux gens d'apprendre à économiser. Pas pour accumuler, parce que l'argent est utile quand il est utilisé, mais plutôt pour se donner une marge de manœuvre qui permet de faire des choix. »

Pour plusieurs personnes, argent rime avec sécurité. « La question, dit Robert Béliveau, est alors de savoir combien vous en avez besoin pour vous sentir en sécurité et la réponse est souvent de dire toujours plus. En fait, la sécurité est ailleurs. »

Mode de vie trop élevé : un cercle vicieux à éviter
Pour beaucoup de gens, la consommation est une façon de se gâter, de se rendre heureux. « Il y a beaucoup de gens qui font de la thérapie de magasinage (shopping Therapy), remarque Robert Béliveau. Ils ne sentent pas bien ? Ils travaillent fort. Alors ils s'offrent un petit velours et vont magasiner. Quand la facture arrive, ils doivent continuer à travailler fort. C'est un cercle vicieux dans lequel bien des gens sont enfermés. Aujourd'hui, la norme est de se coincer dans un mode de vie trop élevé. »

Dans notre réflexion sur l'argent, Robert Béliveau suggère d'abord de bien distinguer entre le besoin et le désir. « Si c'est un besoin, il va revenir. Si c'est un désir, il va tomber », dit le docteur. L'argent est nécessaire pour combler les besoins de base et se donner une certaine qualité de vie qui ne rime pas nécessairement avec plus d'objets à la mode autour de nous. 

Surtout, Robert Béliveau conseille aux gens de prendre conscience de ce qu'ils font et de sortir ainsi du pilote automatique qui nous amène à consommer sans réfléchir. 

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