Soigner la détresse en milieu agricole


Les sources de stress des agriculteurs sont variés et le poids de leurs responsabilités est énorme.

Nicolas Mesly | Journaliste

Au bout du fil, la voix chaleureuse de Maria Labrecque Duchesneau, fondatrice de l'organisme Au Cœur des familles agricoles (ACFA), pose un diagnostic sûr : « Les agriculteurs (trices) combattent la détresse en plongeant corps et âme dans leur travail. Ce n'est pas la solution! »

Fille d'un couple de producteurs agricoles de Frelighsburg, celle que l'on a surnommée la « Mère Thérèsa des agriculteurs » a accueilli, depuis septembre 2013, une centaine de producteurs et de productrices de tous les coins de la province dans la maison de répit ACFA. 

Diplômée en psychologie sociale de l'UQAM, Maria Labrecque Duchesneau s'est entourée d'une équipe solide pour accompagner les visiteurs en quête de ressourcement dont une psychothérapeute et  une médecin généraliste, également fille de producteur agricole. 

Briser l'isolement 
Les séjours à la maison du répit dure entre 3 et 4 jours. Pas question de téléphone cellulaire durant ce temps! À moins d'avoir à régler une urgence susceptible de coûter des milliers de dollars à l'entreprise.  Sieste, lecture, écriture, télévision si désirée, grandes marches ou autres activités physiques, les pensionnaires se déposent. Jour et nuit, ils ne sont jamais laissés seuls.  Et quand ils repartent, les batteries sont pleinement rechargées.  

« Chaque famille agricole est un cas unique », poursuit Maria Labrecque Duschesneau qui insiste que le meilleur remède pour combattre la détresse est de briser l'isolement. 

Les facteurs de stress
Cancer, dettes, divorce, violence conjugale, alcoolisme, sénilité, argent, transfert de fermes difficile, voire impossible, à cause des personnalités impliquées, Maria Labrecque Duchesneau écoute les causes de détresse de sa clientèle particulière et tente de mettre un baume sur les passages difficiles. 

Les sources de stress des agriculteurs sont variés et le poids de leurs responsabilités est énorme : assumer la gestion d'un actif valant des millions de dollars, faire face aux caprices de Dame nature et évoluer dans un environnement commercial changeant, même insécurisant pour certains. 

Par et pour la communauté agricole
Ce havre de paix aura pris plus de 10 ans à se concrétiser, poursuit Maria Labrecque Duchesneau.  Né grâce à une levée de fond de 800 000 $ en 2012-1013, son fonctionnement est « assuré » pour une période de 5 ans grâce entre autres à des dons entre autres du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ,) de l'Union des producteurs agricole (UPA), de la Coop fédérée et du Mouvement Desjardins. 

À lui seul, Martin Dion, directeur de comptes agricoles, du Centre Desjardins en Montérégie Sud, a amassé 20 000 $ de commandites en parcourant 4 000 km en vélo d'un bout à l'autre de la province. « Je ne suis pas psychologue. Je suis dans les chiffres, mais c'est ma façon de contribuer au mieux-être de notre clientèle », explique celui qui a été sensibilisé à la réalité du monde agricole lors de son premier emploi à la Coop des Cantons.   

Un tournoi de golf est prévu le 11 août 2016 pour soutenir le financement de le Maison de répit.

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