Le rachat d'entreprise: une recette gagnante pour la Bergerie Joblanc


Ann-Marie Jobin fait partie du tiers des entrepreneurs québécois optant pour le rachat ou la relève d'entreprise.

Geneviève Matton | Mouvement Desjardins

Jeune agronome diplômée de l'Université Laval, Ann-Marie Jobin était loin de se douter que sa passion pour l'agriculture et la production ovine développerait sa fibre entrepreneuriale!
 
Depuis juin 2014, elle et son conjoint, Jean-Philip Leblanc, sont copropriétaires de la Bergerie Joblanc. Située à Sainte-Sophie-de-Lévrard au Centre-du-Québec, leur entreprise se spécialise dans la vente d'agnelles reproductrices et de produits d'agneaux transformés. Ann-Marie nous raconte son histoire.  

L'entrepreneuriat : à un clic du déclic
« Pendant ma formation universitaire en agronomie, je me suis inscrite au profil entrepreneurial offert par Entrepreneuriat Laval[1]À ce moment-là, le mot entrepreneuriat ne signifiait rien pour moi. Puisque je caressais le rêve d'acheter un jour ma propre ferme, je me disais que ce cours améliorerait mes notions de base en comptabilité », explique la jeune femme.  

« Au fil de la session, mes professeurs m'ont encouragée à transformer mes idées en un projet concret et m'ont transmis en quelque sorte la passion de l'entrepreneuriat. Entrepreneuriat Laval a été un déclencheur pour moi. J'ai eu la piqûre! Un an plus tard, la Bergerie Joblanc ouvrait ses portes », ajoute-t-elle fièrement. 

Encourager la relève en facilitant le transfert d'entreprise
Avant d'acquérir sa bergerie, Ann-Marie a réalisé un stage pratique sur une ferme ovine pour arrimer ses apprentissages théoriques à la pratique. Après quelques mois de stage, une occasion s'est présentée et son maître de stage lui a offert d'acheter son troupeau... et sa bergerie.  

Au Québec, l'enjeu de la relève et du transfert d'entreprise est bien réel et avec le vieillissement de la population, le phénomène risque de prendre de l'ampleur au cours des prochaines années. Il risque d'y avoir beaucoup plus d'entreprises à vendre que de nouveaux entrepreneurs intéressés à les acheter. Une situation qui peut s'avérer avantageuse pour la nouvelle génération de jeunes entrepreneurs à la recherche d'occasions. 
  
Ann-Marie Jobin fait partie du tiers des entrepreneurs québécois optant pour le rachat ou la relève d'entreprise, selon l'Indice entrepreneurial 2015 [2]« Reprendre une entreprise existante m'a permis de construire sur des fondations déjà bien établies », explique la jeune entrepreneure. 

Financement : quand l'appui du milieu fait la différence! 
« En affaires, il faut persévérer », soutient la jeune femme. « Avec une petite mise de fonds et un projet non-conventionnel, mon conjoint et moi avons essuyé quelques refus lors de nos premières demandes de financement ». 

Déterminée, Ann-Marie a persévéré pour trouver la voie qui la mènerait au succès. Pour ce faire, elle a cogné à la porte du Centre local de développement (CLD) de la MRC de Bécancour. « Mon conseiller attitré a cru en mon projet. Il m'a soutenue tout au long du processus de recherche de financement. Avec beaucoup d'acharnement, nous avons réussi à atteindre nos objectifs », confie-t-elle.  

Grâce à l'appui de la Financière agricole du Québec, du CLD de la MRC de Bécancour, de la Société d'aide au développement des collectivités ( SADC ) Nicolet-Bécancour et de Desjardins, les nouveaux entrepreneurs ont pu acheter leur troupeau, le bâtiment et les terres. Ils ont également reçu un prêt et une subvention du programme Créavenir. 

« Puisque le prêt de Créavenir offre un congé de remboursement pendant les 12 premiers mois, il a servi de fonds de roulement pour notre première année d'opérations. Ce coup de pouce financier a aussi été un tremplin en nous aidant à accéder à d'autres sources de financement », souligne la jeune femme d'affaires. « La subvention qui accompagnait le prêt nous a permis de payer d'autres frais non négligeables, tels les frais de notaire », ajoute-t-elle.

De la ferme ... à votre assiette!
Bien que la principale source de revenus de la bergerie provienne de la vente d'agnelles aux producteurs régionaux, l'entreprise offre également un grand choix de découpes et de produits transformés. Le sourire en coin, la jeune entrepreneure invite d'ailleurs les gourmets à essayer son succulent smoked meat et ses saucisses d'agneau ! « La transformation, c'est un créneau que nous voulons développer davantage dans les prochaines années », explique Ann-Marie. 

« Présentement, la majorité de nos clients se déplacent à la ferme pour acheter les saucisses, le gigot d'agneau, ou tout autre produit que nous offrons », ajoute-t-elle. Mais depuis peu, la bergerie livre aussi ses produits dans quelques villes du Québec. 

Quelques conseils au suivant... 
  • Croyez en votre projet et soyez convaincu qu'il fonctionnera
  • Entourez-vous des bonnes personnes
  • Développez votre réseau de contacts
Portrait de l'entreprise
Nom de l'entreprise : Bergerie Joblanc
Activité : Élevage ovin (130 brebis)
Ville : Sainte-Sophie-de-Lévrard
Démarrage : Juin 2014
Chiffre d'affaires : 60 000 $ après un an et demi d'opérations
Distinction : Concours québécois en entrepreneuriat 2014, catégorie bioalimentaire


[1] Entrepreneuriat Laval (www.el.ulaval.ca) a comme mission principale de stimuler l'émergence de projets innovateurs chez les jeunes étudiants et d'accompagner ceux-ci dans le développement de leurs compétences. 

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