Préparez-vous une retraite « autonome »


Puisqu'il ne jouit pas d'avantages sociaux, le travailleur autonome doit veiller tout autant à protéger sa retraite qu'à bien la planifier.

Christine Tremblay | Journaliste

Être son propre patron présente certainement des avantages, mais s'accompagne aussi de la responsabilité d'assurer seul la qualité de son présent et de son avenir. 

Comme chef d'une petite entreprise, comme professionnels ou techniciens en affaires (avocat, ingénieur, comptable, traducteur, coiffeur, etc.), vous avez la pleine responsabilité d'assurer votre autonomie financière à la retraite.

Bien que les travailleurs autonomes pourront compter sur la Rente de la régie des rentes du Québec (RRQ) ou le régime de pensions du Canada (RPC) et la pension de sécurité de vieillesse fédérale, comme les rentes gouvernementales garanties, il est toutefois essentiel de prévoir d'autres sources de revenus de retraite.

Saviez-vous qu'un entrepreneur sur deux n'a pas de plan de retraite? Angela Iermieri, planificatrice financière chez Desjardins, vous suggère des pistes de réflexion.

Cotisez tôt 
Investir dès que possible pour sa retraite reste un principe de base. « Même si vous êtes à vos débuts et que vos revenus sont peu élevés, il vaut mieux investir de petits montants plus tôt et prendre ainsi de bonnes habitudes. Si vous préférez garder accès à des liquidités ou que vos revenus sont fluctuants, investir dans un véhicule plus flexible comme un CELI[1] plutôt qu'un REER[2]  pourrait représenter une bonne avenue », suggère Angela Iermieri.

Il faut également réfléchir au mode de rémunération qui répondra le mieux à votre situation. Puisqu'elle a une influence sur les droits de cotisation au REER, une rémunération à salaire ou à dividende devrait être considérée pour les avantages qu'elle présentera autant à la retraite que dans l'immédiat. 

Diversifiez vos placements 
Bien des entrepreneurs et des professionnels miseront uniquement sur la valeur de revente de leur entreprise ou de leur cabinet pour assurer leurs beaux jours. Des circonstances imprévues comme la maladie, une dépréciation de la valeur de l'entreprise ou une diminution de clientèle peuvent influer largement sur les fonds qui seront disponibles au moment de la retraite.

« L'important est de veiller à diversifier ses éléments d'actif en fonction de ses besoins actuels et futurs. On ne sait jamais comment notre situation professionnelle ou personnelle évoluera », ajoute Mme Iermieri.

Il existe plusieurs véhicules de placement possibles - REER, CELI, etc. - dans lesquels le travailleur autonome peut choisir d'investir, autant pour ses objectifs à court terme que pour ceux à plus long terme.

Protégez votre retraite
Puisqu'il ne jouit pas d'avantages sociaux, le travailleur autonome doit veiller tout autant à protéger sa retraite qu'à bien la planifier, c'est-à-dire considérer tous les aspects de la planification financière. Par exemple, optimiser les aspects fiscaux ou faire une analyse de ses besoins de protection.

Il peut suffire d'un accident de parcours comme une maladie grave pour forcer une personne à puiser dans ses investissements et fragiliser son plan de retraite.

« Pour le travailleur autonome, penser sa retraite nécessite une réflexion plus globale. Pour cela, il ne faut pas hésiter à chercher conseil auprès d'un spécialiste en finances personnelles qui connaît son domaine aussi bien que vous connaissez le vôtre. Les conseillers et les planificateurs financiers peuvent également avoir recours à des spécialistes qui peuvent répondre à tous vos besoins d'entrepreneur; vous pourrez ainsi mieux vous consacrer à vos clients et à votre entreprise », conclut Angela Iermieri.


[1]Compte d'épargne libre d'impôt.  
[2]Régime enregistré d'épargne-retraite. 

Tous les articles

Partagez ce billet