8 pratiques de gestion simples pour faire face aux fluctuations de revenu


Le carnet de commandes des travailleurs autonomes est fait de montagnes russes

Annie Bourque | Journaliste 

Des périodes exaltantes aux périodes de disette, le carnet de commandes des travailleurs autonomes est fait de montagnes russes. Voici 8 bonnes pratiques de gestion simples et efficaces pour traverser les périodes creuses plus facilement.

1) Établir une vision pour l'année
En début d'année, il faut avoir une vision des contrats susceptibles d'être obtenus durant les 12 prochains mois. Tous les 3 mois, une réévaluation des prévisions s'impose. Un client vient de se désister ? C'est le bon temps d'en solliciter un ou plusieurs autres. 

2) Faire et respecter l'inévitable budget 
En affaires, l'argent est le nerf de la guerre. Il faut prévoir un budget mensuel avec 3 colonnes distinctes : 
  • les dépenses personnelles fixes, dont le remboursement hypothécaire, l'épicerie, etc. 
  • les dépenses de l'entreprise, dont l'achat de publicité, d'équipements, de fournitures de bureau. 
  • les revenus. 
3) Accumuler un coussin 
Nos spécialistes interrogés recommandent de mettre la moitié des revenus de côté en vue des périodes creuses. Cela semble énorme, mais le travailleur autonome doit remettre au gouvernement une partie de ce qu'il gagne. Il faut aussi se garder un coussin en cas de bris d'équipement ou, encore, d'un imprévu, comme une visite urgente chez le dentiste. 

4) Prévoir les impôts et les taxes 
« S'il reçoit 1000 $ en honoraires, le travailleur autonome doit mettre de côté dans un compte d'épargne 325 $ pour ses impôts, 150 $ pour le remboursement des taxes (TPS et TVQ) et 106 $ pour la Régie des rentes du Québec », explique Bertin Pelletier, directeur de comptes au cabinet comptable Fradette et associés CPA.  

5) S'incorporer ou s'enregistrer ? 
Il peut paraître intéressant de s'incorporer en raison du taux d'imposition fort avantageux de 19 %. « Si je gagne 100 000 $, je payerai 19 000 $ en impôts », ajoute M. Pelletier. Selon le domaine d'activité, les profits générés, etc., un comptable ou un fiscaliste est un allié important quand vient le temps de faire un choix.

6) Un salaire, oui ou non ? 
Quand doit-on se verser un salaire ? « C'est très rare qu'un travailleur autonome se verse un salaire. Il y a toute une panoplie de documents à remplir, incluant le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), la Régie des rentes, le Fonds des services de santé, etc. »

7) Discipline avec un grand D
Les travailleurs autonomes doivent gérer leurs finances avec rigueur et discipline. « Dès qu'on reçoit un chèque, on enlève une partie qui revient obligatoirement à l'État. Cet argent ne nous appartient pas. Pour réussir, il faut savoir se discipliner. Tant mieux, si j'ai un surplus de 3 000 $ à la fin de l'année, je pourrai me permettre un voyage », indique Bertin Pelletier. 

8) Éviter les pièges les plus courants 

Mêler ses finances d'entreprise et personnelles
Il est fortement recommandé de faire appel à un spécialiste - planificateur ou directeur de comptes - qui évaluera vos besoins financiers. « Il est important de tracer une ligne entre votre volet personnel et votre travail. Il est préférable d'avoir un compte expressément pour votre entreprise », conseille pour sa part Judith Lussier, directrice de comptes chez Desjardins. On évite les tentations en s'abstenant d'utiliser une carte de guichet automatique. 

Prendre une décision sur un coup de tête
On a peut-être besoin de faire l'acquisition d'un véhicule pour rencontrer nos clients.
« Pourquoi acheter un camion flambant neuf ? Est-ce vraiment nécessaire ? », demande-t-elle.  

Ne pas penser au pire 
En cas d'accident ou maladie, peut-on survivre sans aucune entrée d'argent ? « Il existe des assurances qui pallient notre incapacité de travail. On n'y pense pas tant qu'il ne nous arrive pas quelque chose », estime la directrice de comptes. 

Utiliser ses liquidités 
L'achat d'équipements est parfois inévitable. Par crainte de s'endetter, certains vont utiliser leurs liquidités. Il est parfois préférable d'emprunter pour notre projet. Un conseiller en finances personnelles saura vous indiquer le meilleur choix financier pour vos besoins d'entreprise.

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