La recette derrière le succès du restaurant Dédélicieux


Cumulant, à deux, près de 30 ans d'expérience et nées de parents entrepreneurs, Émilie Frigon et Marie-Josée Girard en sont vite venues à se demander : « Pourquoi ne pas démarrer notre propre entreprise ?»

France Michaud | Mouvement-Desjardins

Miser sur un créneau unique pour se démarquer en affaires, voilà l'ingrédient qui a mis Émilie Frigon et Marie-Josée Girard « sur la carte ». 

Cumulant, à deux, près de 30 ans d'expérience dans le domaine et nées de parents entrepreneurs, elles en sont vite venues à se demander : « Pourquoi ne pas démarrer notre propre entreprise ? » 

Établies dans la petite ville de Normandin, au Lac-Saint-Jean, les deux jeunes femmes ont dû imaginer un concept qui leur permettrait de se démarquer. Elles ont donc réalisé une étude de marché rigoureuse qui leur a permis de trouver un créneau gagnant. « Normandin, c'est la ville qui a vu grandir Dédé Fortin (le charismatique chanteur du groupe Les Colocs). En plus de la fameuse rue Principale, nous avons un festival qui porte son nom. Pourquoi ne pas poursuivre sur cette lancée ? »

Le ton était donné. Le restaurant Dédélicieux se veut « un hommage à la frénésie de Dédé Fortin ». Albums, photos et affiches du chanteur tapissent les murs du restaurant et toutes les composantes du menu portent des noms qui lui sont associés. « Nous sommes allées chercher ce que les autres restaurants de la région n'offraient pas : des paninis, des pâtes sautées... Ce qu'on voulait, c'était apporter de la couleur ! »

Une formation... qui a mené loin
Le point de départ de l'aventure est un cours sur le lancement d'entreprise offert par le Centre local de développement Maria-Chapdelaine. Grâce à ce cours, Émilie et Marie-Josée ont pu entreprendre leur étude de marché et leur plan d'affaires. 

Elles ont aussi été aiguillées vers les ressources du milieu susceptibles de les aider, notamment la Société d'aide au développement de la collectivité (SADC) Maria-Chapdelaine et le programme de soutien à l'entrepreneuriat jeunesse Créavenir. Les deux entrepreneures se disent chanceuses d'avoir réussi à obtenir l'appui de tous les programmes et organismes qu'elles ont pressentis. « Quand tu crois en ton projet, quand tu es passionné, les institutions le sentent », soutient Émilie.

Selon elle, Créavenir apporte un appui de taille au développement économique. « Ce programme se démarque en offrant un financement adapté à la capacité de remboursement des jeunes entrepreneurs. Ça a été très important pour nous de nous sentir ainsi appuyées », avance la jeune femme. 

Émilie et Marie-Josée ont aussi bénéficié d'un accompagnement constant de la Caisse populaire Desjardins des Plaines boréales et de la SADC Maria-Chapdelaine, partenaire de Créavenir. Cet accompagnement s'est avéré précieux durant tout le parcours parfois complexe associé à la création d'une entreprise. 

De fait, le démarrage de Dédélicieux a apporté son lot de défis. « Au début, les programmes auxquels nous avions accès payaient nos salaires. Mais il a rapidement fallu faire en sorte que ceux-ci proviennent exclusivement des revenus du restaurant. « C'est important de rêver, mais il faut aussi être réaliste. Nous devons connaître notre entreprise sur le bout des doigts ! Aujourd'hui, je sais exactement combien coûte une tranche de bacon », avance Émilie en riant. « Et l'on continue de s'améliorer sur cette dimension, car chaque sou compte.» 

Un «bébé» à faire grandir
Alors qu'elles n'offraient au départ que des déjeuners et des dîners à la population de Normandin, les deux entrepreneures ont récemment commencé à offrir à leur clientèle des soupers de groupe sur réservation. C'est une façon judicieuse de rentabiliser le restaurant tout en limitant les risques, puisque cette formule permet aux restauratrices de prévoir leurs achats et leur personnel en fonction d'un nombre prédéterminé de clients. « Pour nous, c'est une autre façon de nous démarquer et d'apporter un "petit plus" à Normandin », ajoute Émilie. 

Leurs prochaines ambitions ? « Posséder notre propre local, et peut-être même agrandir notre surface... », avance Émilie, qui dit vouloir éviter de s'asseoir sur ses lauriers et continuer de répondre aux attentes de sa clientèle. « Notre entreprise, c'est comme un bébé : il faut l'accompagner, en prendre soin, la faire évoluer et être présent à tous les instants ! » conclut-elle avec enthousiasme. 

3 conseils au suivant
Règle numéro 1 : tomber en amour avec son projet...
...y croire et foncer ! 

Règle numéro 2 : se démarquer...
... et apporter quelque chose de nouveau à la clientèle visée.

Règle numéro 3 : bien s'entourer...
...tout en évitant de dépendre des autres pour avancer.

Dédélicieux en bref
Noms des entrepreneures: Émilie Frigon et Marie-Josée Girard 
Nom de l'entreprise : Restaurant Dédélicieux 
Ville et région : Normandin, Lac-Saint-Jean
Année de démarrage : 2012
Nombre d'employés :12 dont 2 à temps plein

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