Reprendre sa situation financière en main


L'ACEF accueille des gens de tous les horizons, qu'ils soient travailleurs ou bénéficiaires de l'aide sociale.

France Michaud | Mouvement Desjardins

À 24 ans, le jour de Noël, Odile est victime d'un terrible accident d'autobus qui la laisse polytraumatisée et inapte au travail. La considérant comme une charge trop lourde à porter, sa famille demande de la placer en institution.

Elle sera finalement accueillie dans une autre famille à sa sortie de l'hôpital. Odile est aussi victime de malversations qui la privent de l'indemnité financière à laquelle elle aurait eu droit à la suite de l'accident. Elle doit donc vivre de l'aide sociale.  

Depuis cet accident, la vie d'Odile a été marquée par des handicaps (invisibles au premier coup d'œil) et par la douleur chronique. Malgré tout, cette femme déterminée a toujours refusé de baisser les bras. «Je suis peut-être inapte au travail, mais je ne suis pas inapte tout court», soutient-elle.

Celle qui caressait le rêve de devenir psychologue s'est en effet employée une bonne partie de sa vie à offrir son aide autour d'elle à titre de bénévole. Malgré ses limites, elle a suivi de nombreuses formations et s'est entre autres engagée 11 ans à la Maison des parents, un projet du Carrefour québécois de la famille.

Au fil des ans, Odile réussit donc à faire son chemin en se consacrant à la relation d'aide... et en vivant modestement. Mais, il y a trois ans, une série d'événements bouscule son fragile équilibre financier: un logement trop froid et la hausse de sa facture d'électricité ainsi que du coût général de la vie l'obligent à déménager, avec toutes les dépenses que cela peut comporter. En plus, elle brise ses lunettes, dont elle ne peut se passer : l'accident l'a laissée avec des séquelles graves à un œil et la lentille spéciale dont elle a besoin pour voir coûte 400 $.

La finance solidaire, pour éviter de basculer
Pour lui donner accès à l'accompagnement dont elle a besoin, la caisse Desjardins d'Odile dirige celle-ci vers l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) du nord de Montréal, un des nombreux organismes communautaires partenaires de Desjardins en vertu du programme Fonds d'entraide Desjardins. 
« Ce qui fait la différence de l'ACEF, c'est que nous ne portons pas de jugement sur les gens que nous accueillons. Nous posons un œil externe, neutre et toujours respectueux sur chacune des situations que nous rencontrons. »
- Johanne Arnould
«À l'ACEF, nous accueillons des gens de tous les horizons, qu'ils soient travailleurs ou bénéficiaires de l'aide sociale. Souvent, c'est un coup dur - une perte d'emploi par exemple - qui les conduit à nous. C'est dire que les difficultés financières peuvent toucher n'importe qui», souligne Johanne Arnould, conseillère budgétaire pour l'organisme qui appuie annuellement près de 500 personnes par l'entremise de consultations individuelles et d'ateliers collectifs. «Ce qui fait la différence de l'ACEF, c'est que nous ne portons pas de jugement sur les gens que nous accueillons et que nous n'avons aucun parti pris quant aux solutions envisagées. Nous posons un œil externe, neutre et toujours respectueux sur chacune des situations que nous rencontrons», poursuit-elle.

 Après sa visite à l'ACEF, Odile reçoit un appel téléphonique lui apprenant qu'elle pourra recevoir un petit prêt qui lui permettra de reprendre sa situation en main. «Dire qu'avant de découvrir l'ACEF j'avais vendu mon réfrigérateur, acheté trois ans auparavant, en croyant me sortir de cette situation! Je n'ai fait que me rendre la vie encore plus difficile», s'exclame-t-elle.

Après s'être dûment acquittée de sa dette envers l'ACEF, Odile bénéficie de deux autres petits prêts pour l'achat d'électroménagers, par l'entremise du Fonds d'entraide Desjardins. L'ACEF l'aide également à optimiser son budget, en plus de lui faire connaître les autres organismes et ressources susceptibles de l'aider dans la région. Cet appui est fort utile dans le contexte de son déménagement. «L'ACEF m'a apporté énormément. Quand j'appelle là, je sens vraiment que les gens cherchent à m'aider. Je me sens toujours bien accueillie», souligne-t-elle.

Aujourd'hui dans la soixantaine et déjà arrière-grand-mère, celle qui n'a jamais voulu se considérer comme une victime et dont la force de caractère suscitait déjà l'admiration des médecins tout juste après son accident a ajouté l'ACEF du nord de Montréal à la longue liste des organisations pour lesquelles elle a choisi de s'engager bénévolement. «C'est grâce aux caisses Desjardins et à l'ACEF que j'ai pu sortir de l'impasse. C'est donc un plaisir de donner à mon tour un coup de main», mentionne-t-elle. Un beau retour d'ascenseur...

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