Entrepreneuriat : 6 facteurs de succès


«Avant de lancer son entreprise, il faut un plan d'affaires, visualiser clairement toutes les étapes à venir, sinon c'est le cauchemar... » - Pierre-Olivier Masse

France Michaud | Mouvement Desjardins

Pierre-Olivier Masse est un entrepreneur résilient, c'est le moins qu'on puisse dire. En affaires depuis 2003, il a réorienté son entreprise, fait face à des défis qui en auraient mis plusieurs en déroute... et a toujours su rebondir. Portrait d'un gars entêté et d'un partenaire qui a su l'épauler à travers les hauts et les bas.

1. Plonger dans sa passion
Sa première entreprise, TorréFiction, est un club vidéo offrant aux cinéphiles près de 5000 films de répertoire en plus d'un coin café. Cette formule d'affaires hybride, que Pierre-Olivier a menée conjointement avec un partenaire qui en était aussi l'instigateur, aura été viable durant presque 8 ans, soit jusqu'en 2012.

2. Oser changer de cap
Au moment où le cinéma sur demande commence à compromettre sérieusement la survie du volet club vidéo, l'heure est à la remise en question pour les deux partenaires. C'est alors que Pierre-Olivier rachète la part de son partenaire et exploite le volet restauration. Un défi de taille, qu'il a dû surmonter seul.

3. Voir grand
Pour donner du souffle à son nouveau projet, l'entrepreneur a entamé une grande transformation des locaux et du menu. La capacité du café-resto est passée à 45. Le menu a accueilli des produits de meilleure qualité (tout est fait maison!) et plus diversifiés. Pierre-Olivier a aussi revu la signature du café, qui a pris pour nom Carmen & Felipe.

«Il ne suffisait pas de revoir la formule, il fallait tourner résolument la page. J'étais à la recherche d'une nouvelle identité distinctive», explique-t-il.

Qui sont Carmen et Felipe?
Les personnages Carmen et Felipe ont germé dans l'esprit créatif de Pierre-Olivier Masse afin de donner vie et dynamisme à son commerce. Excentriques et colorés, ces deux personnages de bédé sont les nouveaux patrons des lieux et devront veiller à dynamiser l'atmosphère de même que les communications de l'entreprise. Par exemple, les prochains recrutements de personnel seront menés avec humour par Carmen, alors que Felipe se chargera à sa manière de promouvoir la soupe du jour ou le nouveau muffin sans gluten.

«Je crois que c'est un pari réussi, mais on n'est jamais complètement sortis du bois en restauration», affirme celui qui doit souvent travailler 6 jours par semaine, s'adapter à un achalandage difficile à anticiper et faire face à la hausse constante des taxes municipales et du coût des denrées alimentaires. «Le beau côté, c'est que ça me force à m'améliorer constamment, tant dans la gestion que dans ce que je propose à ma clientèle», ajoute-t-il, philosophe.

4. Résister aux intempéries
Pour ajouter à ces défis, la ville a entrepris des travaux qui ont condamné pendant plusieurs mois le trottoir et la sortie de métro adjacents à son café-resto. Le propriétaire du local hébergeant Carmen & Felipe a par la suite entamé d'importantes rénovations structurelles du bâtiment qui se sont avérées plus longues et compliquées que prévu. De belles perspectives pour l'avenir, mais tout un casse-tête à gérer dans l'immédiat.

5. Utiliser les bouées et les phares
«Ma santé financière devenait sporadiquement précaire», explique Pierre-Olivier. C'est à ce moment que la Caisse populaire Desjardins Saint-Donat de Montréal, dont il est membre, l'a dirigé vers l'Association communautaire d'emprunt de Montréal (ACEM), un des nombreux organismes communautaires partenaires des caisses Desjardins en vertu du programme Microcrédit Desjardins aux entreprises. «Ça a été une vraie bouffée d'air frais!, s'exclame l'entrepreneur. J'y ai trouvé une oreille attentive, des conseils utiles et un financement qui m'a permis de sortir de la spirale de l'endettement.»

L'ACEM aide les entrepreneurs qui peinent à se qualifier pour un financement dans le réseau traditionnel, en leur offrant un accompagnement de proximité et de petits prêts adaptés à leur capacité financière. «Pour obtenir les deux prêts que j'ai sollicités auprès de l'ACEM, j'ai d'abord dû faire mes devoirs et faire preuve de rigueur, explique Pierre-Olivier. Un processus exigeant, mais extrêmement aidant!»

La conseillère Florence Lardanchet et les autres membres de l'équipe de l'ACEM ont souvent mis l'entrepreneur au défi. Mais ces experts pluridisciplinaires ont su poser les bonnes questions et démontrer à Pierre-Olivier qu'ils comprenaient la valeur et le potentiel de son projet d'affaires. 

6. Regarder droit devant!
«Je viens de recruter un cuisinier et deux serveurs, histoire de consolider l'équipe et d'étendre à nouveau l'éventail de produits maison que nous proposons à notre clientèle, soit de nouvelles quiches et pâtisseries», explique Pierre-Olivier.
 
Ces nouveaux renforts lui permettront également de gérer efficacement l'introduction d'un nouveau point de vente des pains de la boulangerie Guillaume, un de ses fournisseurs. «Je viendrai ainsi combler un vide dans l'offre alimentaire du quartier tout en donnant un coup de pouce à une entreprise dont les produits sont formidables», avance-t-il.
 
«Enfin, j'aimerais pouvoir un jour redonner au suivant», conclut celui qui se dit réellement reconnaissant de l'appui reçu de l'ACEM au cours des dernières années, et qui aimerait bien pouvoir contribuer à la poursuite des activités de cet essentiel organisme de soutien à l'entrepreneuriat.

Deux conseils pour les entrepreneurs en herbe
1. Être bien préparé 
«Avant de lancer son entreprise, il faut un plan d'affaires, visualiser clairement toutes les étapes à venir, sinon c'est le cauchemar... Il faut aussi se doter d'un bon fonds de réserve pour être en mesure de faire face aux imprévus qui ne manqueront pas de se présenter sur notre route.»

2. Faire ce qu'on aime
«C'est un cliché, mais à ceux qui n'ont pas véritablement le goût d'aller travailler... je ne donne pas plus de six mois. Personnellement, je me considère comme un entrepreneur de type "artisan". Et je m'assure d'être rémunéré chaque jour par le plaisir de ce que je fais.»

En bref
Nom de l'entrepreneur : Pierre-Olivier Masse
Nom de l'entreprise : Carmen & Felipe
Type d'entreprise : Café-resto 
Ville : Montréal
Nombre d'employés : 8 
Site web : carmenfelipe.com

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Commentaires publiés 1

Suzanne Latulippe / 19 mars 2017 22h09
bravo Pierre-Olivier tu es tout un modèle à suivre

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