Comment rester passionné par son projet d'entreprise


Nathalie Kerbrat, elle, a trouvé sa voie en agriculture, dans une ferme diversifiée aux défis nombreux qui lui procure aussi une satisfaction totale.

Étienne Gosselin | Agronome | Journaliste

Ancienne secrétaire de direction et agente immobilière, Nathalie Kerbrat a appris son métier d'entrepreneure sur le tas. En 2016, elle rafle le titre d'Agricultrice de l'année décerné par la Fédération des agricultrices du Québec. Portrait.

Cette mère monoparentale élève du sanglier, des lapins et des volailles, cultive des petits fruits et des légumes, transforme l'eau d'érable en produits diversifiés, concocte des épices gourmandes et reçoit des groupes pour des repas champêtres cuisinés et servis sur place... à longueur d'année!

Nathalie Kerbrat, elle, a trouvé sa voie en agriculture, dans une ferme diversifiée aux défis nombreux. «La nature est dure, mais elle est juste. Et elle te donne une énergie extraordinaire, justifie celle qui célébrera bientôt 55 printemps. Mon engagement est total, mais il me procure aussi une satisfaction totale.»

Créer son gagne-pain
Depuis 2006, son entreprise, c'est l'Érablière du Sanglier, un nom plutôt réducteur étant donné les multiples productions que Nathalie Kerbrat embrasse chaque jour. «La diversification, ça peut être étourdissant par la somme de tâches quotidiennes, mais la spécialisation a aussi un prix si ça va mal dans une production, autant techniquement qu'économiquement.» 

Cette année, elle expérimente ses propres éclosions et veut mettre davantage en pratique les enseignements de la permaculture, qui vise à créer un système de production à l'image de la nature : autonome, durable, résiliente et économe.

Choisir un mode de vie
Seule personne sur la liste de paye, Nathalie doit voir et pourvoir à tout, «de la cuisine au marchandisage, de l'élevage à la transformation alimentaire, de la création à la réalisation», comme elle l'a si bien phrasé dans son dossier de candidature pour le titre d'Agricultrice de l'année. 

Avec l'aide de parents, d'amis, de son conjoint et de sa fille Justine, étudiante en gestion et technologie d'entreprise agricole, Nathalie Kerbrat reçoit chaque année environ 2000 personnes à la ferme. «J'ai choisi un mode de vie exceptionnel et un rythme de vie assez particulier, mais j'essaie de prendre le temps de profiter de la vie, de la piscine, du spa. J'y "travaille" encore beaucoup!»

Garder le plaisir au cœur de son travail
Bourreau de travail élevé «à la dure» par des parents européens qui ne l'ont pas eu facile eux non plus, Nathalie Kerbrat a souffert, il y a deux ans, de l'image de battante indestructible qu'elle dégageait. La femme d'action, celle qui levait toujours la main comme bénévole, a éprouvé un sérieux passage à vide. 

«J'étais engagée depuis plusieurs années dans une panoplie d'associations sociales, économiques, communautaires ou syndicales. J'ai donc coupé ces engagements, que je réalisais au détriment de ma santé. Même ici à la ferme, mon travail était devenu une corvée, alors que j'avais beaucoup plus de plaisir auparavant.»

Nathalie Kerbrat n'a aucune difficulté à assumer son rôle de propre patronne. «C'est une question d'habitude, de routine. Je suis fière de ce que j'ai fait, contente de ce que je fais et heureuse de ce que je vais faire!», conclut-elle.

Ses constats
  • Faire ce qu'on aime pour avancer facilement
  • Aimer ce qu'on fait pour se donner l'impression de ne pas travailler
  • Choisir ses combats pour ne pas s'épuiser
  • Prendre un défi à la fois et le relever pleinement
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Commentaires publiés (2)

Galit / 21 mars 2018 13h10
Merci pour ces beaux mots d'encouragement, Claudette!
Claudette Fortier / 19 mars 2018 9h30
Bravo mes Dames très beau cheminement quelle persévérance quelle courage et quelle ténacité vous êtes des exemples pour nos jeunes, nous avons tous en nous cette force il faut simplement y croire et foncer dans la vie ce que j'ai fait également. Encore Bravo

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