Comment l'investissement responsable donne une voix aux collectivités


Quelle voix les collectivités ont-elles au chapitre lorsqu'une société décide de lancer un projet qui se répercutera sur leur environnement, leur santé, leur mode de vie ou leur économie locale?

Rosalie Vendette | Mouvement Desjardins

Le développement industriel et commercial a souvent une incidence sur les résidents d'une communauté. Lorsque Desjardins est un actionnaire de la société qui dirige un projet, nous nous assurons que la collectivité a son mot à dire.

De l'exploitation minière aux transports, de nombreux projets sont menés chaque année, au Canada et à l'étranger, par des entreprises dont les actions figurent dans nos portefeuilles de placement. Le plus souvent, ces projets touchent les populations avoisinantes et, de plus en plus, les entreprises doivent avoir leur soutien pour mener leurs activités.

En fait, le manque d'acceptabilité sociale d'un projet de développement peut retarder considérablement l'obtention des permis et des autorisations nécessaires à sa réalisation ou, pire, le faire avorter, alors que des millions ou des milliards de dollars ont déjà été investis dans l'affaire.

Quelle voix les collectivités ont-elles au chapitre lorsqu'une société décide de lancer un projet qui se répercutera sur leur environnement, leur santé, leur mode de vie ou leur économie locale? Pour nous, la manière dont les sociétés obtiennent leur approbation ou répondent à leur opposition est importante; il est donc normal que nous questionnions les entreprises à ce sujet.

En voici un bon exemple : en 2012, nous avons demandé publiquement à Enbridge comment elle prévoyait gérer les risques sociaux associés au projet d'oléoduc Northern Gateway. Nous l'avons fait lors de l'assemblée générale annuelle parce que nous n'étions pas satisfaits des réponses obtenues en privé (voir la résolution que nous avons proposée à droite). 

Proposition d'actionnaire

«Qu'il soit résolu :

Que le conseil d'administration fournisse un rapport aux actionnaires d'ici mai 2013 (à un coût raisonnable et en omettant les renseignements exclusifs) qui décrit en détail comment le conseil a évalué les risques associés à l'opposition des Premières Nations à l'oléoduc Northern Gateway. Le rapport doit indiquer comment cette opposition sera prise en compte dans la décision définitive de réaliser ce projet. Si celui-ci est maintenu malgré l'opposition, le rapport doit expliquer comment l'entreprise atténuera les risques juridiques, opérationnels et d'atteinte à la réputation connexes.»

De nombreuses années plus tard, le tollé au sein de la communauté autochtone locale a contribué au rejet du projet par le gouvernement fédéral à l'automne 2016 : «Il est devenu évident que ce projet ne s'inscrit pas dans les intérêts supérieurs des communautés touchées, y compris les populations autochtones», a déclaré le premier ministre, Justin Trudeau, en décrivant la région comme le «joyau» de la Colombie-Britannique.*

Consentement des communautés autochtones
Nous ne nous limitons pas à interroger les sociétés : nous nous efforçons aussi de promouvoir des pratiques exemplaires auprès d'elles et de leur secteur. Par exemple, si les populations autochtones risquent d'être touchées, nous encourageons les entreprises à respecter le concept de consentement préalable libre et informé (CPLI) inspiré de l'article 10 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.


Nous avons collaboré avec le Conseil principal de la forêt boréale pour produire des documents qui expliquent le CPLI et proposent un modèle qui, espérons-nous, sera utilisé par les entreprises afin de mettre en place des politiques et des mécanismes rigoureux pour obtenir le soutien des collectivités et le conserver tout au long des projets.

De plus, nous n'hésitons pas à parler du sujet. Cette année, j'ai participé à une plénière du Congrès de l'Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole pour présenter notre travail et aborder entre autres le sujet du CPLI.

C'est en collaborant directement avec les entreprises de nos portefeuilles de placement et en exerçant notre droit comme actionnaires d'influencer leurs pratiques sociales, environnementales et de gouvernance que nous parvenons à remplir notre mission : améliorer le bien-être social et économique des gens et de la collectivité.

*lien en anglais seulement

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