Faut-il avoir peur de l'endettement?


La majorité des ménages québécois ne sont pas pris à la gorge, ils remboursent assez bien leurs dettes. Autre point positif des faibles taux d'intérêt : les Québécois ont remboursé beaucoup plus de capital que d'intérêts ces dernières années

Nathalie Slight | Journaliste

En 2016, 70% des ménages québécois étaient endettés. Cette statistique, à première vue, peut faire peur. Les consommateurs québécois ont-ils raison de s'inquiéter?
 
Hélène Bégin, économiste au Mouvement Desjardins, fait le point sur l'endettement. 

Une statistique qui fait frémir!
Ces derniers mois, l'endettement des Québécois a largement fait les manchettes, avec des titres-chocs comme «Les Québécois, plus endettés que jamais!» ou encore «L'endettement a franchi un sommet historique au Québec!»

«Lorsqu'on lit dans un journal qu'"en 2016 le taux d'endettement des ménages québécois atteint 155%", c'est vrai que ça fait peur. Mais, avant de s'alarmer, il faut remettre ce pourcentage en contexte. Comment obtient-on ce «fameux» 155%? En prenant le total des dettes des particuliers (prêt à la consommation, cartes de crédit, marges de crédit personnelles, financement automobile et prêts hypothécaires), par rapport aux revenus annuels après impôts de l'ensemble des ménages. 

Le résultat de ce calcul incomplet est effrayant, bien plus que la situation l'est en réalité» rassure Hélène Bégin. 

Le fantôme de l'endettement
Ce ratio du taux d'endettement dit «classique» comporte deux problèmes. «De un, il ne tient pas compte du facteur temps. Un prêt hypothécaire de 150 000$ par exemple peut être amorti sur une période allant jusqu'à 25 ans, alors que ce ratio calcule le remboursement sur une seule année de salaire! Selon cette formule, un ménage avec un revenu après impôts de 75 000$ se retrouve avec un taux d'endettement épeurant de 200%! De deux, le ratio d'endettement classique ne tient pas compte des taux d'intérêt.

Pour avoir l'heure juste en ce qui concerne l'endettement, il faut calculer le total des paiements mensuels en capital et intérêts de l'emprunteur, comparativement à son revenu brut pour un mois. Cette équation, qui tient compte des dettes, des revenus et des taux d'intérêt sur une seule et même période, démontre que la capacité des ménages québécois à rembourser leurs emprunts est demeurée stable au fil des années. 

Voilà qui fait disparaître bien des fantômes reliés à l'endettement!», précise Hélène Bégin. 

Un scénario d'épouvante
Pour résumer, les dettes des Québécois sont élevées, mais les faibles taux d'intérêt permettent de maintenir leurs paiements mensuels à un niveau raisonnable.

«En d'autres mots, la majorité des ménages québécois ne sont pas pris à la gorge, ils remboursent assez bien leurs dettes. Autre point positif des faibles taux d'intérêt : les Québécois ont remboursé beaucoup plus de capital que d'intérêts ces dernières années. La valeur de leur actif a donc augmenté.» 

Cela dit, les ménages québécois ne sont pas à l'abri de scénarios d'épouvante. «Même si une remontée abrupte des taux d'intérêt ou une chute des prix de l'immobilier résidentiel semble peu probable, il vaut mieux être prudent, en prévoyant par exemple une hausse graduelle des taux d'intérêt, qui ont d'ailleurs tranquillement commencé à augmenter, en juillet dernier.

Par exemple, si la seule idée d'augmenter vos paiements mensuels d'emprunt hypothécaire de plus de 50$ par mois vous fait frémir, il est temps de revoir votre situation financière», conclut l'économiste Hélène Bégin.  

Liens utiles pour en savoir plus sur l'endettement:

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Commentaires publiés (16)

Marie-Christine / 21 novembre 2017 13h03
Bonjour @Gabriel. Merci de votre commentaire! Un bilan de vos finances est effectivement une excellente habitude à prendre. Nous proposons d'ailleurs un plan d'action pour faire, compléter ou réviser votre bilan financier. https://www.desjardins.com/coopmoi/plans-action-conseils/gestion-financiere/comment-faire-bilan-finances/index.jsp Bonne journée - Marie-Christine
gabriel desjardins / 20 novembre 2017 15h02
J'ai lu tous les commentaires et je suis d'accord avec la majorité d'entre eux. Cependant, personne ne parle d'un contrôle budgétaire familial. Selon moi, c'est d'une importance primordiale. Un bilan ou une analyse financière familiale devrait être fait régulièrement (mois,semestre, année) afin de déterminer précisément si on avance ou recule financièrement dans la vie. Avec ces données, il devient plus facile de contrôler ses finances.
Eric Rousseau / 17 novembre 2017 16h51
M. Jacques Gosselin je suis en désaccord avec vous, c'est le discours que je me faisais dire quand je gagnait 10$de l'heure. Et que 50% de mon revenu payait mon loyer et 25% mon auto le reste pour les services et , il était impossible d'épargner suffisamment pour voir un résultat et à quel intérêt. 1,75% un compte super extra boni intérêt plus vip. Non en premier acquisition d'une maison /condo pour que le peux d'argent qu'on a serve à épargner. Ajd bien que je ne suis pas encore parfait je peux vous dire que le résultat justifie les moyens. En fait il faut renforcir l'aide à l'acquisition pour faire avancer les gens Alain Bouchard de Couche Tard n'aurais pas 13000 succursale s'il c'était limité à ses 1-2 provisoir :)
Marie-Christine / 17 novembre 2017 15h45
Bonjour @Jean-Claude. Notre webzine est entièrement dédié à l'éducation financière. Chaque jour, nous publions du contenu afin d'aider les gens à améliorer la gestion de leurs finances personnelles. Je vous invite à consulter tous nos contenus ici : https://blogues.desjardins.com/coopmoi/ Aussi, le Mouvement Desjardins est fier partenaire de nombreuses associations et initiatives qui ont pour but d'éduquer et d'informer. Je pense au programme Mes finances, mes choix pour les 16-25 ans https://www.desjardins.com/coopmoi/difference-desjardins/mes-finances/index.jsp, notre partenariat avec le Mouvement pour la défense des actionnaires (MEDAC) https://medac.qc.ca/education/passeport/ ou encore le réseau des Associations en économies familiales (ACEF) https://www.desjardins.com/a-propos/responsabilite-sociale-cooperation/produits-services-financiers-responsables/finance-solidaire/fonds-entraide/index.jsp Bonne journée ! - Marie-Christine
Jacques Gosselin / 17 novembre 2017 13h56
L’endettement en soi n’est pas négatif mais cependant vivre au dessus de ses moyens est négatif. Important d’avoir et de faire un budget et de respecter son budget avec un pourcentage d’epargne de 20 pour cent toujours pour avoir des réserves en cas d’imprevus! Cela est la clé de la réussite ! Achetez et recherchez des spéciaux cela représente du profit net si votre achat est nécessaire et indispensable ! Prévenir vaut mieux que guérir ! Cooperativement Un membre Desjardins qui croit encore à l’epargne Pour s’eviter de la pression inutile sur notre vie! Jacques Gosselin
Eric Rousseau / 17 novembre 2017 12h43
En fait c'est même un bon signe, c'est signe que les québécois sont de plus en plus propriétaires au lieu d'avoir un logement avec un gros chars, ils ont peut-être une petite auto mais avec une maison bien que l'immobilier a des risques dans le temps ça demeure un des premiers. Pas vers l'épargne à long terme. Avant nous étions pas endetté mais aussi les champions de la location...
Réal Besner / 16 novembre 2017 15h43
Le taux d'endettement est mesuré par la dette des ménages sur leur revenu disponible. Il ne tient pas compte de leurs actifs.Si un ménage a un revenu disponible de 75 000$ et une hypothèque de 150 000$ comme seule dette, son taux d'endettement est de 200%, ce qui pourrait faire peur. Mais si la valeur marchande de leur maison est de 300 000$, alors je crois qu'on peut dire que ce ménage n'est pas endetté, puisque la valeur de leur actif est égale à celle de leur passif. Mieux, si ce ménage possède un duplex de 450 000$, avec la même hypothèque et le même revenu disponible, leur taux d'endettement demeure à 200%, mais dans les faits il a accumulé 150 000$ d'économies dans sa propriété. Il n'est certainement pas endetté. Les titres sont souvent alarmants pris hors contexte.
Jean Claude / 16 novembre 2017 9h16
Une banque (caisse) qui à travers le discours universitaire nous encourage implicitement à lui emprunter de l’argent en prétendant que les québécois ne sont pas si endettés? C’est le discours capitaliste déguisé en bon professeur qui invite à jouir toujours plus et à ne jamais se priver de rien. Il y a quelque chose de très perturbant dans le fait que le mouvement Desjardins endosse ce genre de discours. Encourager les québécois à consommer responsablement, à tolérer le manque et faire des économies, pas à devenir vos esclaves.
Poulin Jimmy / 11 novembre 2017 12h05
Cest de toute beauté de voir à quel point nous somme encourager à continué d'emprunter de l'argent dans un systèmes financiers qui est tellement devenu si faible au point de devoir nous faire part en premier plan de texte informatif comme je vien de lire... des chiffres et des données auquel nous faisons déjà face depuis plusieurs années... que nous vaincue sans cesse ce détériorer à petit feu avec des fluctuations grandissantes des taux d'intérêts variable... aujourd'hui en 2017 oui, effectivement il vaut mieu signer un taux fixe... La dettes est très présente et les caisse et les banque le savent... tout ce qu'ils ont besoin cest seulement plus d'emprunt pour faire monter intant sois peu la valeur du dollars qui est imprimée abusivement du côté Gouvernemental parce qu'il doivent nous prêter si ils veulent gouverner... brefff, la suite de ce texte serait surment trop longue à lire pour bcp d'entre vous qui avez à ce jour... peu de temp a consacré à de tel vérité si perturbante soit-elle....
Eric pépin / 10 novembre 2017 13h18
Une bonne dette ça n’existe. Oui, il faut avoir peur des dettes. À moins d’être en démarrage d’entreprise, et encore.
Maxime Gamelin / 10 novembre 2017 10h12
En plus du prix du gaz qui augmente, le salaire minimun a augmenté donc les prix des produits des commercants qui emploi ces gens augmentes comme l'épicerie (je comprends le fait que eux aussi doivent finir par gagner plus cher vue que le cout de la vie augmente pour eux aussi) et l'hydro aussi bref tout.... Pour notre part nos salaires n'augmente pas autant que le reste alors .... Il n'y a pas que l'hypothèque à payer et les prêts auto
Marie-Christine / 10 novembre 2017 9h12
Bonjour @Charles. Toutes les sources et méthodes de calculs sont présentées dans nos études publiées. La différence avec la Banque du Canada, c’est que les ratios sont calculés pour le Québec et non pour le Canada. Le prix des maisons est beaucoup plus bas au Québec qu’au pays et les hypothèques sont moins élevées, de sorte que les taux d’endettement sont plus faibles au Québec puisque 75 % des dettes sont pour l’emprunt hypothécaire. Bonne journée - Marie-Christine
Marie-Christine / 10 novembre 2017 9h08
Bonjour @Jean-François. Pour accorder un prêt, les institutions financières calculent que le paiement mensuel des dettes en capital et intérêt ne doit pas dépasser 40 % du revenu brut, c’est la norme maximale. C’est vrai qu’à ce niveau, il reste peu de place pour l’épargne et les risques de difficultés de paiements sont élevés.

Mais peu de gens atteignent ce niveau ou le dépassent, seulement 5 % en 2016. En fait:
- près de la moitié des ménages ont un ratio de 10 ou moins,
- près de 30 % un ratio entre 10 et 20,
- plus de 10 % un ratio entre 20 et 30 %.
En moyenne, pour l’ensemble des ménages endettés au Québec le ratio du paiement des dettes atteint environ 15 % du revenu brut, ce qui laisse de la place pour l’épargne et les dépenses courantes. Voir les détails dans l’étude du 5 septembre en page 1: https://www.desjardins.com/ressources/pdf/pv170905f.pdf
Marie-Christine
Leïla Cesario / 10 novembre 2017 5h28
Avec un coût de la vie de plus en plus élevé Mais des salaires stagnants beaucoup de québécois vivent de paie en paie et ne peuvent même pas se permettent d’économiser 5% de leur revenue pour les « au cas où » alors ça fait peur de constater que beaucoup sont endetté à ce point
Jean-Francois Larocque-Drolet / 20 octobre 2017 19h33
Je ne crois pas que ce soit une question d'endettement plus que d'absence d'économies et d'investissement. Être capable d'effectuer ses paiements est une chose, mais dans un budget sain, on ne fait pas que payer ses comptes et ses dettes. Le montant admissible à un REER est de 18% du salaire brut. Ce montant n'est pas apparu par hasard : il représente le montant qu'il faut économiser durant ses années de travail pour s'assurer une retraite sécuritaire financièrement et suffisamment pour vivre le reste de nos jours. Croyez-vous vraiment que lorsque les gens mettent 85% de leur revenu net en paiement d'hypothèque, de dettes sur des voitures et cartes de crédits que cela ne soit pas épeurant ? Ils ne feront peut-être pas défaut de paiement, mais comment vont-ils économiser 5% de leur revenu brut pour un fond d'urgence de 3-6 mois ? Comment vont-ils investir 18% de leur revenu brut dans leur REER en actions et autres produits financiers ? La réalité, c'est qu'ils ne feront pas ces contributions, et au moindre problème de santé, problème économique, proches en difficulté, ils se retrouveront dans une situation précaire eux-même et devront s'endetter davantage. Si ce n'est pas épeurant comme scénario, je en sais pas ce que c'est!
Charles Bradette / 17 octobre 2017 12h51
Hum vos chiffres et conclusions ne correspondent pas avec d'autres sources. Il serait intéressant que vous fournissiez vos sources lors d'exercices de propagande de la sorte. Néanmoins, merci pour l'information. Fait a part, j'ai aussi apprécié ce texte de la bdc : https://www.bdc.ca/fr/articles-outils/boite-outils-entrepreneur/publications/lettre-economique-mensuelle/pages/le-taux-dendettement-des-menages-canadiens-est-il-trop-eleve.aspx

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