Le coliving: un mode de vie pour les entrepreneurs voyageurs


Maria en séance de cotravail au Panama

Mélanie Larouche | Journaliste

Sur la planète entrepreneuriat, les mœurs sont en pleine mutation. Aux quatre coins du globe, les gens d'affaires s'organisent et innovent afin de trouver leur compte entre vie professionnelle et vie personnelle. C'est précisément dans ce contexte que l'habitat participatif (coliving), petit frère du cotravail (coworking), a fait son apparition.

L'approche du l'habitat participatif s'apparente à un réseau social virtuel, mais bien réel celui-là. Des entrepreneurs choisissent de cohabiter pour un temps dans un même lieu, en plus de partager des espaces de travail à divers endroits dans le monde. 

Au Québec, Maria Kinoshita agit un peu comme une pionnière doublée d'une ambassadrice pour ce mouvement nouveau genre. Elle travaille actuellement à la réalisation d'un projet de ce type à Montréal. Elle répond à nos questions.

«Détrompez-vous si vous croyez que ce concept ne rejoint que les jeunes entrepreneurs. Toutes les tranches d'âge sont bien représentées. La formule d'habitat participatif répond à des besoins universels des entrepreneurs, notamment celui de connaître la culture du pays visité et d'intégrer le milieu des affaires.»
- Maria Kinoshita

Q1. Maria, qu'est-ce que l'habitat participatif?
«L'habitat participatif, c'est un mode de vie s'articulant autour d'une résidence pour entrepreneurs, un lieu où ces derniers choisissent de vivre et de travailler, dans une région qu'ils visitent souvent par affaires. Pour plusieurs, ce logement n'est donc pas leur résidence principale. Sur ce lieu, chacun dispose de son espace privatif, mais tous peuvent partager certaines pièces, comme la cuisine, un séjour et une terrasse, par exemple.»

«Autour de cette communauté ainsi créée s'organisent diverses activités leur permettant de mieux s'intégrer au milieu et de bâtir des liens. C'est une nouvelle formule de "tout inclus" pour entrepreneurs.»

Q2. Qui sont les utilisateurs?
«Détrompez-vous si vous croyez que ce concept ne rejoint que les jeunes entrepreneurs. Toutes les tranches d'âge sont bien représentées. La formule d'habitat participatif répond à des besoins universels des entrepreneurs, notamment celui de connaître la culture du pays visité et d'intégrer le milieu des affaires.»

«Bien que ces gens témoignent d'intérêts communs et d'une personnalité ouverte et sociable, ils s'activent souvent dans des sphères d'activité fort différentes.»

Q3. Quels sont les avantages?
«On retrouve généralement les formules d'habitat participatif et de cotravail sur le même lieu. Une adresse fixe peut donc être enregistrée dans ce pays. Ce concept représente une économie par rapport aux séjours à l'hôtel. Sans compter qu'il permet de se sentir un peu chez soi, même à l'autre bout de la planète.»

«Aussi, la socialisation et le réseautage qu'il favorise sont de précieux aspects à considérer quand on désire s'intégrer à une région. D'ailleurs, un gestionnaire de communauté est généralement mandaté pour animer le réseau.»

Q4. Comment expliquer cette tendance?
«Plusieurs types d'entrepreneurs sont appelés à séjourner de longues périodes à l'étranger afin de mieux connaître les marchés ciblés. Il y a aussi les entrepreneurs plutôt nomades qui adorent voyager et qui veulent bénéficier d'un pied-à-terre qui leur permet de joindre l'utile à l'agréable, dans des coins de pays qui les attirent particulièrement.»

«Dans certains endroits du monde, l'habitat participatif est une solution intéressante au problème de logements, dont les coûts sont souvent abusifs, en Scandinavie par exemple. Par contre, en Asie, c'est plutôt l'inverse, le concept rejoint davantage les mieux nantis puisqu'il est peu abordable. Plusieurs pays européens sont déjà bien organisés pour ce genre d'habitat participatif, comme l'Espagne et le Portugal. La formule est tellement populaire qu'ils doivent gérer des listes d'attente.»

Q5. Au Canada, où en sommes-nous?
«Plus conservateur, le Canada est en retard. Le concept est peu présent sur le territoire, le politique démontre peu d'ouverture encore.»

«Nous travaillons depuis plus d'un an au développement de notre projet à Montréal. Notre concept rejoindra autant les locaux que la clientèle internationale. Nous avons rencontré quelques difficultés pour l'immobilier, mais nous demeurons optimistes de voir sa réalisation d'ici 2018-2019.»

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