3 tendances lourdes en agriculture


«La collecte de données s'intensifiera, notamment avec les satellites, les images multispectrales et les nombreux capteurs sans fil capables d'amasser des données de précision.» - Yvon Therien

Étienne Gosselin | Agronome | Journaliste

Vers où se dirige l'agriculture québécoise? L'éditeur et rédacteur en chef du Bulletin des agriculteurs, l'agronome Yvon Therien, tire de sa boule de cristal 3 changements techniques et structurels à venir.

Tendance 1 - La robotisation et l'informatisation des pratiques
Si les robots de traite et d'affouragement sont présents dans les fermes québécoises depuis le tournant des années 2000 - les robots de traite connaissent un succès sans précédent depuis deux ans -, on devrait voir un premier tracteur sans pilote travailler en solo dans les cinq prochaines années. «Les équipements qui réduisent les ressources humaines continueront d'avoir la cote, surtout avec la rareté de la main-d'œuvre», expose Yvon Therien.

«Le tracteur autonome Dot Technology inventé en Saskatchewan est un bon exemple. Composé d'une plateforme à quatre roues motrices, on peut y interchanger des équipements comme une herse ou un semoir.» Ce tracteur, qui n'est pas surdimensionné, aura en outre l'avantage indéniable de diminuer la compaction des sols, en plus de rouler aux mêmes endroits.

Tendance 2 - Les mégadonnées et leur interprétation
Certains agriculteurs utilisent déjà les données générées par leur passage géoréférencé au champ en tracteur pour dresser des cartes de drainage et de nivellement, chauler et fertiliser à taux variable. C'est bien, mais il y aura plus dans l'avenir, estime l'agronome. «La collecte de données s'intensifiera, notamment avec les satellites, les images multispectrales et les nombreux capteurs sans fil capables d'amasser des données de précision.»

«Le défi des prochaines années sera de développer des intelligences artificielles pour digérer ces données massives en les croisant avec d'autres paramètres, comme les prévisions pluviométriques, le coût des intrants ou le prix des grains, de façon à faciliter les décisions et à produire de manière rentable.» Ainsi, au rendement agronomique s'ajoutera le rendement économique.

Tendance 3 - Le modèle agraire et l'exploitation agricole
Les terres sont chères. Très chères. «Il y aura moins d'agriculteurs propriétaires de leurs terres. Certaines entreprises n'auront tout simplement plus les moyens d'acheter des terres ou d'en louer, vu leur rareté. On voit donc apparaître des modèles où des fonds de capitaux sont attirés par la valeur refuge et l'appréciation constante des sols. Ces entreprises financières achètent des fonds de terre pour les relouer à des exploitants qui n'en sont pas propriétaires, mais partenaires», décortique Yvon Therien.

L'écosystème agricole est en pleine mutation (croissance de la taille des fermes, modèle de propriété, nouveaux joueurs). Cet état des choses suscite des débats, mais génère aussi la recherche de nouvelles solutions. À l'autre bout du spectre, le projet provincial L'Arterre (anciennement Banque de terres), chapeauté aujourd'hui par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec, facilite le maillage entre propriétaires terriens ayant un bout de sol à offrir et jeunes et moins jeunes désireux de vivre de l'agriculture.

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