Réinventer un modèle d'affaires pour se démarquer


Attention, ici, on ne sert pas des burgers, mais des légumes frais à profusion.

Nathalie Slight | Journaliste

Prendre un concept qui a mondialement fait ses preuves, la restauration rapide, réinventer le modèle d'affaires en l'associant non pas à la malbouffe, mais plutôt à l'alimentation santé : voilà le défi qu'a relevé un groupe d'amis en créant le restaurant Foodchain. 

Depuis le printemps dernier, Le Foodchain fait fureur sur l'avenue McGill Collège à Montréal. Attention, ici, on ne sert pas des burgers, mais des légumes frais à profusion.

Rapide... et santé! 
«La nourriture saine s'est imposée, un peu malgré nous. Notre idée de départ était de réinventer le modèle de restauration rapide en offrant de la bouffe de très grande qualité, à prix très abordable, tout aussi rapidement. 

Et pour remplir cette mission, il fallait couper réduire au minimum les opérations : couper la viande, couper la cuisson, couper les hottes, couper la plonge traditionnelle, couper le service aux tables, couper l'argent comptant, couper les poubelles... 

Bref, couper sur tout, sauf sur la qualité des ingrédients, puisque nos légumes proviennent des mêmes fournisseurs que tous les grands restaurants montréalais. Des produits majoritairement québécois, offerts 12 mois par année, de surcroît!», explique l'expert en marketing Jean-François Saine, un des fondateurs de Foodchain.

Simplicité volontaire
Mixer légumes et restauration rapide n'est pas un concept nouveau, mais l'offre de Foodchain se distingue par ses hauts standards de qualité. Au menu, huit succulentes salades, dont la «Concombre Pickle» avec fromage, menthe, persil et sauce moutarde ainsi que la «Carotte canneberge» avec endive, persil, échalote et sauce raisin sec. Les bols coûtent entre 9 dollars et 11 dollars, à peine plus chers qu'un burger accompagné d'une grosse frite.

«Tout est calculé pour offrir un maximum de vitesse et de qualité tout en laissant le moins de traces environnementales possible. Les ingrédients sont préportionnés dans un bol individuel, le contenu est coupé devant le client à l'aide d'une machine à coupe industrielle et le client repart ensuite avec le même bol rempli de succulents légumes frais. Tout ça en moins d'une minute! Pas de cuisson, pas de vaisselle et pas de poubelle, puisque tous nos produits sont compostables et recyclables.» 

Zéro comptant!
Toujours dans une démarche de simplifier au maximum ses opérations, Foodchain a opté pour l'option «zéro comptant».

«Ici, pas de monnaie liquide! Tout se règle par carte, en quelques secondes. L'idée novatrice de ne compter que sur la monnaie électronique fait son chemin dans les commerces un peu partout sur la planète. Les consommateurs sont prêts! Nous estimons qu'environ 1% des clients qui entrent dans notre restaurant n'ont que de l'argent sonnant dans leurs poches. Après une première visite, ils savent que chez nous la monnaie électronique est de mise. Ne pas avoir à transiger avec de l'argent comptant, c'est d'une simplicité désarmante!» 

Multiplier le concept
Derrière le concept de Foodchain se cache une équipe de feu : outre Jean-François Saine, il y a les chefs Charles-Antoine Crête et Cheryl Johnson (Montréal Plaza), le boulanger Jeffrey Finkelstein (Hof Kelsten) et le designer Zébulon Perron. Le but avoué de ces complices : multiplier leur concept.

«Notre proposition simple, santé, rapide et unique nous permettra d'être présents ailleurs au Québec et au Canada et, pourquoi pas, aux États-Unis et en Europe. Si notre plan d'affaires annonce une croissance exponentielle, le rythme demeurera toutefois modéré pour les premières années. Réécrire l'histoire de la restauration rapide, ça doit se faire sur des bases solides.», conclut Jean-François Saine.

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