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L'argent influence-t-il nos émotions?


À son avis, les clés d'une relation saine avec l'argent passent par l'équilibre. Prudence certes, mais pas trop : «L'anxiété nous protège, mais nous limite également.» - Camillo Zacchia

Yann Fortier 

Quel est notre rapport à l'argent? Quelles sont les potentielles sources d'inquiétude et, surtout, comment y remédier? Conseils d'un expert.

«Chaque personne attache une certaine valeur à l'argent», observe le psychologue Camillo Zacchia, spécialiste des anxiétés. Bonne nouvelle, un minimum d'inquiétude est plutôt sain.

«L'anxiété, c'est une alarme et, parfois, on en a besoin. Si je conduis en hiver comme je le fais en été, des problèmes peuvent survenir. À l'opposé, côté argent, une personne trop prudente peut décéder très à l'aise financièrement, sans avoir réalisé les projets pour lesquels elle avait économisé.»

L'argent, agent de bonheur?
Actif depuis plus de 30 ans, le docteur Zacchia évoque certaines recherches qui, en effet, le confirment : «Si l'on s'inquiète des comptes à payer, qu'on ne peut jamais aller au restaurant ou voyager, ça peut devenir problématique. Mais, une fois franchi un certain seuil, le salaire annuel ne change rien. Parce que la cause du bonheur réside avant tout dans la qualité des relations interpersonnelles.» 

Question d'équilibre 
À son avis, les clés d'une relation saine avec l'argent passent par l'équilibre. Prudence certes, mais pas trop : «L'anxiété nous protège, mais nous limite également.» 

Ainsi, chez certaines personnes, la source d'inquiétude est souvent attribuable à la recherche d'un statut social où «l'argent devient une confirmation de leur place dans la société».

À l'opposé, il note que celles et ceux qui ont une tendance naturelle à s'inquiéter, par exemple à propos de leur santé, seront plus sensibles à l'anxiété financière. 

Cela dit, la source est parfois causée par des contextes particuliers. «Si une personne a fait faillite ou est issue d'une famille où l'argent était un facteur d'inquiétude, l'anxiété peut se manifester davantage», explique le psychologue en évoquant des patients «très bien positionnés pour leur retraite, mais qui se tourmentaient beaucoup».

L'indulgence dans l'équation
Pour plusieurs, un important investissement sur la maison ou une dépense impulsive peut activer des mécanismes d'inquiétude. À ce sujet, il prône une certaine indulgence : «Parfois, on se considère comme mauvais élève sur la base d'une mauvaise note. Mais, avec le recul, on se rend compte qu'une mauvaise note ne fait pas nécessairement de soi un mauvais élève.»

Ce recul aide en effet à évaluer avec plus de précision nos besoins réels. «Si l'on va dans un buffet, on a tendance à manger davantage», image-t-il, observant que plusieurs personnes peuvent être sur le «pilote automatique» dans leurs habitudes de consommation. 

« Une mauvaise note ne fait pas nécessairement de soi un mauvais élève. »
                                                                                                                                                      - Dr Zacchia

Conseils et solutions
À ce chapitre, Camillo Zacchia estime que les personnes dites dépensières en sont généralement conscientes : «C'est comme un fumeur : il sait qu'il doit arrêter. Mais, par automatisme, certains ont tendance à minimiser le coût des choses.» 

Faire un budget et prendre du recul pour visualiser les résultats font selon lui partie de l'équation gagnante. Surtout, il suggère d'acquérir le réflexe de placer une distance de temps entre le besoin et l'action, afin de «ralentir le processus d'achat». 

Aux personnes qui ont tendance à consulter souvent l'état de leurs finances, il propose une autre analogie : «Parfois l'hiver, dans une même journée, il fait +10 et -10 degrés. Mais, s'il fait +10 en février, va-t-on pour autant enlever ses pneus d'hiver? À force de trop focaliser, on augmente le cycle d'inquiétude. On doit donc essayer de créer un lâcher-prise, en dressant un portrait réaliste des finances, sans nourrir la peur.»

Relation d'argent... et de couple!
Camillo Zacchia l'admet d'emblée, la situation chez certains couples n'est pas toujours au beau fixe. Une fois de plus, la quête d'harmonie financière est de mise : «Le couple est là pour contribuer au bonheur de chacun.» Il juge donc essentiel qu'en plus des dépenses communes chacun puisse disposer d'un budget discrétionnaire. 

Pour amenuiser les sources de conflit, il suggère d'éviter de rendre l'autre entièrement responsable des dépenses, en créant un environnement où tous les deux contribuent équitablement, en fonction des revenus de chacun : «L'idée, c'est de consacrer le même effort aux besoins communs, tout en pouvant, selon ses moyens, dépenser sans culpabiliser.»

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