Isabelle Hudon: d'enfant timide à femme d'affaires accomplie


Isabelle Hudon a toujours été attirée vers des défis qui lui semblaient presque impossibles à réaliser.

Katia Lavoie | Journaliste

Isabelle Hudon n'a jamais eu «peur d'avoir peur». Mais elle a dû travailler pour voir plus loin et défoncer les barrières pour devenir la femme d'affaires qu'elle est aujourd'hui. Elle raconte son histoire. 

La petite Isabelle n'avait pas la fibre entrepreneuriale. Elle se décrit plutôt comme une enfant un peu entêtée, mais assez timide qui désirait travailler dans une grande organisation.

«J'avais la sensation d'étouffer un peu dans mon lieu natal. J'ai toujours eu l'ambition et peut-être le rêve, ou inversement, d'aller dans une ville plus importante et de rencontrer des gens que je ne connaissais pas», raconte celle qui est aujourd'hui ambassadrice du Canada en France.

Le réveil
Le véritable déclic s'est toutefois produit au milieu des années 1990. Après avoir travaillé en politique, elle a suivi son conjoint de l'époque qui avait été accepté pour une maîtrise en administration des affaires (MBA) sur un campus universitaire international en France.

Face à ces étudiants provenant de plusieurs pays, dotés de détermination, de savoir, de talent et avec l'ambition de changer le monde, elle a réagi en deux temps.

«Puisque j'accompagnais Paul, je n'étais pas très occupée et les étudiants l'étaient. J'ai été un peu déçue de moi-même et déprimée, car ça avait l'air amusant pour eux, mais pas pour moi», raconte-t-elle. Puis, elle a décidé qu'elle aussi allait trouver sa voie.

Elle est revenue au Canada portée par une nouvelle énergie et l'envie de se dépasser. «J'ai pris conscience que c'est vraiment nous qui nous donnons des ambitions, et que souvent on se limite à les faire taire en se disant que les plus grandes ne sont pas possibles», estime-t-elle. 

D'un succès à un autre
Cette force et cette volonté l'ont bien servie avec le temps. Elle s'est ouverte sur le monde et a beaucoup varié ses champs d'intérêts professionnels et personnels.

«Je me suis lancée à fond et je me suis toujours poussée à rester mal à l'aise professionnellement», affirme-t-elle. Elle admet avoir toujours été attirée vers des défis qui lui semblaient souvent presque impossibles à réaliser.

D'ailleurs, fidèle à elle-même, Isabelle a fait preuve de beaucoup d'audace pour obtenir le poste de présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Alors vice-présidente de la même organisation, elle a demandé la fonction plutôt que d'attendre une proposition.

«J'ai dit au conseil d'administration que, même si j'avais beaucoup à apprendre, je croyais que j'en étais capable», relate-t-elle. 

Elle a finalement obtenu l'emploi, un tremplin pour le reste de sa carrière, à seulement 34 ans. Le plus étonnant, c'est que les gens l'ont félicitée parce qu'elle était la première femme à accéder à ce poste, et non en raison de son jeune âge. 

Pas une fille de PME
Après son passage à la présidence de l'agence Marketel qui, bien qu'il ait été formateur, lui a permis de réaliser qu'elle «n'était pas une fille de PME», elle s'est embarquée en 2010 dans l'aventure Sun Life qu'elle considère comme le plus grand défi qu'elle a relevé.

«Je ne connaissais pas le secteur financier. La compagnie avait été malmenée au Québec, car elle avait malmené le Québec. De plus, j'étais la première à chausser les patins de la présidence pour la province. Je devais tout inventer de ce poste», explique-t-elle. Elle s'est vraiment rendu compte de l'ampleur du travail accompli en équipe lorsqu'elle a été promue au niveau canadien.

La cause
En 2015, Isabelle cofonde l'Effet A pour que d'autres femmes gagnent en confiance et assument leur ambition.

En plus d'avoir constaté la rareté de la présence féminine dans un rôle d'influence et de décision, elle lisait plusieurs études véridiques sur le sujet. Cependant, personne n'agissait pour changer la situation.

 «J'ai cofondé l'Effet A pour faire des gestes concrets auprès des femmes afin qu'elles s'équipent davantage pour relever les défis qu'elles veulent se donner», précise-t-elle. Plutôt simple, le concept consiste à leur donner des trucs et à convaincre d'autres leaders, qu'ils soient féminins ou masculins, à agir au quotidien.

Par exemple, «vous pouvez prendre l'appel d'une jeune ou d'une moins jeune inconnue qui a besoin d'un conseil et reconnaître son courage, ou avoir toujours sur soi une liste de candidatures féminines pour siéger à des conseils d'administration», suggère-t-elle.

Les résultats ne se sont pas fait attendre. «J'ai été la première surprise de voir la rapidité à laquelle l'Effet A s'est installé dans la communauté d'affaires. Les diplômées ont en grande majorité obtenu une ou deux promotions en moins de deux ans, gagnent de la confiance, s'assument et lèvent la main quand c'est le temps», remarque la cofondatrice avec fierté. 

L'ambassadrice
En France depuis quelques mois, elle se sent «un brin comme à la maison» en raison de toutes les compétences qu'elle a acquises dans ses précédentes fonctions, qui lui sont particulièrement utiles. 

Qu'est-ce qui l'attend pour l'avenir? Elle désire vivre le moment présent, ressortir grandie de son expérience en tant qu'ambassadrice et, surtout, ne pas définir immédiatement ce qui l'attend après ces cinq années.

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Commentaires publiés (3)

Rita Messier / 22 mai 2018 9h55
Je vous félicite madame Hudon pour tout ce chemin parcouru. Vous êtes un exemple de courage et détermination dans une société où nous les femmes on doit prendre les bouchées doubles pour gravir les échelons et nous affirmer dans nos convictions et ambitions. Vous l’avez fait et c’est tout à votre honneur. Je vous souhaite 5 années d’heureux moments comme ambassadrice et une heureuse continuité pour la suite.
Maude Simard / 17 mai 2018 20h10
Félicitations Madame Hudon, je vous avait remarqué à la télévision quand vous étiez à la Chambre de commerce
Floflo F / 14 mai 2018 21h33
Bravo! Vous êtes une bosseuse. Et vous étiez là où il fallait au bon moment. Je suis une femme qui aime les défis aussi. L’ascension pour moi n’est pas encore arrivée. Mais je continue de travailler!!!! Dure.

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