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«Prendre le champ» pour revoir nos choix alimentaires


«Je prends donc plaisir à former des mangeurs plus curieux, sensibles et responsables.» - Julie Aubé

Étienne Gosselin | Agronome | Journaliste

Julie Aubé conjugue plaisir et bonne nourriture dans un effort pour réconcilier - dans l'assiette et dans la découverte - les deux solitudes que sont devenus les consommateurs et les producteurs.

Elle est cuisinomane, épicurienne et... nutritionniste. Cette experte un peu atypique de la nutrition est une grande passionnée d'aliments et de nutriments. Est-elle la plus agricole des nutritionnistes? En tout cas, comme les agriculteurs, elle ne chôme pas : entrepreneure, blogueuse, conférencière et gestionnaire des événements «Prenez le champ!».

Cette détentrice d'un bac, d'une maîtrise en nutrition et d'un certificat en gestion des pratiques socioculturelles de la gastronomie a choisi de «rejoindre le grand public afin de semer une graine sur l'importance de nos choix alimentaires au quotidien».

Semer... Oui, certainement la plus agricole des nutritionnistes!

Mangeurs et producteurs se rencontrent
La brunette martèle son message : elle veut donner un visage à ceux qui nous nourrissent. Son livre Prenez le champ le fait sur 288 pages. Depuis quelques mois, Julie Aubé recrute des cohortes d'une trentaine de férus d'agrotourisme 2.0. Ces gens sont curieux de visiter des fermes triées sur le volet, d'y poser des questions croustillantes, d'y manger avec gourmandise et d'y jouer joyeusement.

«À l'heure où le prêt-à-manger et les aliments surtransformés poursuivent leur croissance, j'arrive avec l'idée de faire son épicerie chez nos producteurs agricoles et de cuisiner à la maison avec des ingrédients bruts», soutient la nutritionniste. Les rencontres qu'elle propose sont expérientielles, immersives et font intervenir les 5 sens.

Une prise de conscience à nourrir 
«La déconnexion entre les mangeurs et ceux qui les nourrissent est flagrante, se désole-t-elle. Je prends donc plaisir à former des mangeurs plus curieux, sensibles et responsables.»

Faire comprendre le contexte économique dans lequel évoluent les fermes - quand un ou deux propriétaires doivent travailler à l'extérieur pour faire vivre l'entreprise - et combattre la diminution du nombre de fermes et l'accroissement de la taille des exploitations restantes animent Julie Aubé. Pour elle, deux modèles se dessinent inexorablement : écogastronomie (slow food) et prêt-à-manger (fast food).

Du coup, la nutritionniste choisit son camp en prônant un modèle de ferme paysanne faisant partie d'un écosystème durable, sans monoculture, avec un bien-être animal rehaussé. L'intermédiaire agro sélectionne donc des fermes qui ont choisi de produire des aliments de qualité, mis en marché en toute proximité.

Qu'est-ce que Julie Aubé aime des producteurs agricoles? «J'aime leur passion, leur dévotion et leur manière de parler de la terre. Je les admire aussi du fait qu'ils doivent constamment rester sur le qui-vive.»

 La nutritionniste de profession et communicatrice de métier vante les agriculteurs qui osent diffuser de l'information de qualité et qui ne tarifent pas les visites guidées à la ferme, par exemple. «Les mangeurs débutants, intermédiaires ou experts doivent s'approprier le milieu agricole en allant au-delà des seuls critères "prix" et "durée de conservation" qu'on trouve au supermarché», conclut la nutritionniste engagée.

Pour s'inscrire aux événements «Prenez le champ» : julieaube.com

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Commentaires publiés 1

Nicole Bacon / 17 avril 2018 23h13
J'aimerais beaucoup que vous publiez les fermes agricoles qui peuvent livrer leurs produits chez les gens et plus particulièrement à Drummondville. Il devrait y avoir une campagne publicitaire bien ciblée pour chaque territoire. Encore plusieurs ne savent même pas que certains fermiers font la livraison de produits frais à chaque semaine. Il faudrait faire front commun pour les faire connaître puisqu'il semble que ce soit la voie du futur i.e. mini fermes et fermes biologiques. Merci de me lire

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