Comment décaisser son REEE intelligemment


Il est généralement recommandé de retirer les subventions d'abord. Si l'étudiant abandonne ses études en cours de route, les subventions inutilisées devront être remises aux gouvernements.

Angela Iermieri

Il n'est pas rare qu'on me demande si le régime enregistré d'épargne-études en vaut vraiment la peine. À cela, je réponds toujours : « OUI !», et en majuscule !

Le REEE est sans aucun doute un placement qui en vaut la peine. En fait, il garantit un revenu minimum de 30 %. Vous en connaissez beaucoup qui en font autant ?

Il existe un mythe persistant qui laisse entendre que l'enfant bénéficiaire (ou ses parents) sera perdant puisque, tôt ou tard, il sera imposé sur les sommes retirées.

Pour éclaircir tout ça, il y a lieu de mettre plusieurs points au clair :

1. La répartition et l'accumulation 
Les sommes accumulées dans un REEE sont réparties entre :
  • le capital investi par le souscripteur et 
  • les gains en subventions gouvernementales et en revenus de placement.
Quoi de mieux qu'un exemple concret pour bien comprendre...
Notre souscripteur décide dès la naissance de fiston d'investir dans un REEE afin d'en tirer le maximum.

Voici un portait de la situation 17 ans plus tard* :

Capital investi par le souscripteur : 
150$ par mois pendant 17 ans = 30 600$

Gains :
  • Subventions canadiennes pour l'épargne-études = 6 120$ 
  • Incitatif québécois à l'épargne-études = 3 060$
  • Revenus du portefeuille à un taux de 4% = environ 17 220$
Le régime compte un total de 57 000$ répartis ainsi :
  • 30 600$ en capital 
  • 26 400$ en gains remis sous forme de paiements d'aide aux études (PAE)
2. Le retrait 
C'est aux parents (ou au souscripteur qui a cotisé au REEE) de décider comment répartir le retrait : capital ou PAE. Chaque retrait peut être fait en proportion différente.

CapitalPAE
Appartient au souscripteur (celui qui a cotisé)Appartient à l'étudiant **
Montant non imposableMontant imposable au nom de l'étudiant

Le montant s'ajoute aux revenus déclarés, mais n'affecte pas le calcul du revenu pour l'aide financière aux études.
Pourrait être retiré en totalité ou en partie, sans limite.

Si le montant est retiré avant le début des études postsecondaires, les subventions sont perdues.
Retrait maximal de 5 000$ durant les 13 premières semaines d'études postsecondaires (2 500$ pour les études à temps partiel).

Ensuite, tout montant jugé raisonnable est accepté.


Quoi savoir pour mieux prioriser les retraits

Les PAE : Il est généralement recommandé de retirer les subventions d'abord. Si l'étudiant abandonne ses études en cours de route, les subventions inutilisées devront être remises aux gouvernements.

Les revenus de placement : Si le REEE est fermé, les revenus de placements inutilisés peuvent être retirés par le souscripteur, si certaines conditions sont remplies, et transférés dans le REER du souscripteur sauf si ce dernier a atteint son maximum admissible cette année-là. Les revenus sont alors imposés dans les mains du souscripteur.

Le capital : Il continue de croître, même en période de décaissement. Le plus tard ce montant est retiré, plus il rapporte.

Tirer le maximum en établissant une stratégie de décaissement

Les éléments à considérer :
  • Les besoins de l'étudiant 
  • Le revenu total (incluant les PAE) de l'étudiant 
  • Les retombées fiscales pour les parents de l'étudiant
Maintenant, revenons à notre exemple concret...
Notre étudiant de 18 ans commence le cégep. Il a un petit revenu de son travail et, comme il habite chez ses parents, ses besoins financiers ne sont pas encore très importants. Il prévoit ensuite terminer son baccalauréat en 3 ans.

Voici son plan de match pour décaisser ses REEE tout au long de son parcours :

Le cégep : ans 1 et 2 du décaissement
Revenu personnel: 5 000$ par année
Retrait PAE : 5 280$ par année (soit le 1/5 par année du montant total de 26 400$)
Revenu total : 10 280$ par année

Puisque ses revenus ne dépassent pas 11 327$, l'étudiant ne paie pas d'impôt sur le revenu.

L'université : ans 3, 4 et 5 du décaissement
Revenu personnel: 5 000$ par année
Retrait PAE : 5 280$ par année (soit 1/5 par année du montant total de 26 400$)
Capital : 10 200$ par année (soit 1/3 par année du capital de 30 600$) 
Revenu total : 20 480$

Puisque le capital est non-imposable et que ses revenus imposables ne dépassent pas 11 327$, l'étudiant ne paie pas d'impôt sur le revenu.

Quant à ses parents... 
L'utilisation des PAE (basé sur les revenus de fiston l'année précédente) leur coûtera 16% d'impôt l'année suivante. Cela se traduit en fait par la perte du crédit d'impôt Montant transféré par un enfant majeur aux études postsecondaires et, dans certains cas, le droit de demander les crédits d'impôts relatifs à la prime au travail.

Dans tous les cas, votre conseiller en finances personnelles demeure votre meilleur allié pour élaborer une stratégie de décaissement qui convient à votre situation familiale. Le consulter est la première étape de la meilleure stratégie de décaissement.

Des chiffres intéressants à retenir
  • 7 673$, le retrait annuel moyen canadien du REEE en 2013.
  • 19 ans, l'âge de 47% des étudiants au moment du premier retrait. 
  • 100%, ne pas oublier de demander la totalité des sommes accumulées dans le REEE pendant les études.
  • 6 mois, le temps alloué après la fin du programme pour faire les retraits sans pénalité.
  • 35 ans, le délai permis (suivant la mise en place du régime) pour liquider les montants accumulés...parfait pour les éternels étudiants !

* Les contributions ne peuvent être faites au cours de l'année des 18 ans de l'enfant.
**Pour pouvoir le retirer, l'étudiant doit fournir une preuve de fréquentation scolaire.

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