Améliorer son fonds de roulement: le nerf de la guerre


Dans un marché en constante évolution, les entreprises sont appelées à changer de cap rapidement afin de saisir les occasions au vol.

L'entrepreneuriat n'est pas une expérience sans chamboulement. Peut-on croître sereinement? Comment demeurer solide devant les épreuves et les fluctuations de l'activité inhérentes à votre marché? 

Les épreuves n'ont pas besoin d'être surmontées seul. Plusieurs outils de financement existent pour les entrepreneurs qui souhaitent augmenter leur fonds de roulement. Deux experts font le point avec vous.

Aller de l'avant en toute circonstance 
À l'heure du numérique, alors que le rythme ne cesse de s'accélérer, la souplesse est sur toutes les lèvres. Elle aide les entreprises à devenir plus performantes. Dans un marché en constante évolution, les entreprises sont appelées à changer de cap rapidement afin de saisir les occasions au vol. 

«Détenir un bon fonds de roulement donne une marge de manœuvre primordiale dans ce contexte», explique Pierre Tessier, vice-président, Investissements pour les régions de Québec ainsi que du centre et de l'est du Québec chez Desjardins Capital.
 
Pouvoir compter immédiatement sur des liquidités permet de résister aux remous économiques. Les mains et l'esprit libres, l'énergie peut être investie aux bons endroits. «C'est moins stressant pour les entrepreneurs, qui peuvent se concentrer plus sur la stratégie, et moins sur la gestion du quotidien», souligne Sami Ben Nasr, directeur principal des comptes majeurs, chez Desjardins Entreprises. 

Même par beau temps, alors que l'entreprise cherche à croître, des défis subsistent. Vouloir pénétrer d'autres marchés, exploiter de nouveaux créneaux ou acquérir une autre entreprise représentent des défis importants. Sans le fonds de roulement adéquat, ces efforts la rendront vulnérable.
 
Des coffres bien remplis faciliteront le paiement rapide des factures. Ainsi, les chances de se voir accorder des réductions par les fournisseurs seront meilleures. Et, en cas de rachat par une autre entreprise, afficher un bon fonds de roulement contribue à augmenter, ultimement, la valeur de l'entreprise. 

Améliorer son fonds de roulement grâce au financement 

Le financement dit traditionnel 
Pour donner une plus grande latitude à leurs entreprises clientes, les institutions financières peuvent notamment leur accorder une marge de crédit. «C'est l'outil le plus répandu», assure Sami Ben Nasr. Ainsi, selon ses besoins, l'entreprise peut puiser dans cette marge de crédit, dont le montant est calculé par l'institution. 

Autre solution : souscrire un prêt à terme avec garantie. «Il permet à l'entreprise d'obtenir des fonds pour répondre à un besoin ponctuel, comme un gros contrat à honorer rapidement», précise-t-il.

Les institutions financières peuvent également proposer un moratoire sur le remboursement du capital. Pendant quelques mois ou plus, l'entreprise ne paie que les intérêts, et non la dette en elle-même. «Cela permet de l'aider à se refaire une santé», dit Sami Ben Nasr. 

Contracter un prêt sans garantie 
Certains sont frileux face au financement traditionnel. Desjardins Capital offre des solutions complémentaires, comme le prêt non garanti, aussi appelé prêt subordonné. Contrairement au prêt à terme avec garantie, il n'exige pas d'hypothèque. Le règlement de cette dette est moins prioritaire que celui du prêt à terme. Résultat : le risque est plus grand pour le prêteur, et les taux d'intérêt sont donc plus élevés. 

Recourir au financement par capital-actions 
Il est également possible d'augmenter son fonds de roulement sans s'endetter. À cet effet, Desjardins Capital propose le financement par capital-actions. Concrètement, un partenaire financier injecte du capital dans l'entreprise et, en échange, devient propriétaire d'une partie des actions. 

Comment choisir l'option qui vous convient? 

Plusieurs facteurs importent, notamment les montants nécessaires à l'amélioration de la trésorerie de l'entreprise et le degré de risque qu'elle est prête à prendre. Les choix doivent s'arrimer à sa vision à court ou à long terme. 

Plus rapide à décrocher, et moins coûteux que le prêt sans garantie, le financement traditionnel est toutefois attribué selon les conditions généralement connues. Les modalités des prêts sans garantie sont souvent plus souples. 

Le financement par capital-actions nécessite habituellement un temps de traitement plus long. Les documents juridiques sont également plus nombreux. De plus, il implique une dilution de l'actionnariat. Cependant, partager la propriété de son entreprise peut se révéler gagnant. «L'entreprise s'adjoint ainsi un partenaire de long terme qui adopte l'approche d'un investisseur et non d'un prêteur, avance Pierre Tessier. 

Un allié qui va l'aider à définir un plan d'action vers le succès et qui va mettre son réseau financier et d'administrateurs au profit de l'entreprise.» Finalement, l'entrepreneur pourrait préférer «posséder un pourcentage inférieur d'une entreprise de grande valeur que 100% d'une entreprise de moindre valeur, car cette dernière est limitée dans sa croissance», ajoute-t-il. 

Pour surmonter les épreuves, l'union fait la force. Les outils sont nombreux et les entreprises combinent généralement plusieurs types de financements. «Chacun a son rôle à jouer, les produits sont complémentaires, résume Sami Ben Nasr. Lorsque les besoins de liquidités augmentent, le financement traditionnel laisse sa place à d'autres outils.» Garnir son fonds de roulement est nécessaire, voire essentiel. La coopération peut changer la donne. 

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